Les régulateurs internationaux peinent à se faire une religion sur l’impact des CDS
Les régulateurs ont beau disposer d’une abondante littérature économique sur les credit default swaps (CDS), ils peinent à se faire une religion sur ces primes d’assurance contre le risque de défaut. Dans un rapport publié avant l’ouverture du G20 de Los Cabos (Mexique), l’Organisation internationale des commissions de valeurs (Iosco), se garde d’émettre un jugement définitif sur les effets négatifs de ces produits dérivés.
«Les preuves existantes suggèrent que l’existence d’un marché de CDS pourrait avoir un effet sur le fonctionnement du marché des titres sous-jacents […] en fonction des spécificités des différents marchés», avance prudemment l’organisation qui regroupe l’Autorité des marchés financiers et ses homologues. Pour étayer cette affirmation, elle fait référence à une étude de 2011, réalisée à partir des CDS de 1.500 titres émis par 350 entreprises entre 2002 et 2008. Les chercheurs assurent que les CDS ont réduit le volume d’échanges sur les titres sous-jacents : la liquidité se serait reportée sur le marché des primes d’assurance contre le défaut.
Pour ce qui est de la dette souveraine, Iosco cite les travaux conduits en 2011 par les chercheurs Iuliana Ismailescu et Blake Phillips. Ceux-ci ont étudié l’impact des CDS sur les titres de 54 Etats. Ils concluent que les dérivés de crédit réduisent généralement les primes de risque pour les Etats dans la catégorie d’investissement mais augmentent les coûts de financement pour les autres.
Iosco a également cherché à déterminer si les CDS peuvent être utilisés pour manipuler le prix des obligations sous-jacentes sur le marché secondaire et si la prise de positions courtes via des contrats à nu peut être nuisible à la stabilité des marchés financiers. «Malheureusement, il n’y a pas de recherche empirique sur cette question», écrit l’organisation.
En revanche, elle estime que les swaps de défaut guident le processus de «découverte du prix» sur les marchés de dette privée car ils intègrent plus rapidement les nouvelles informations que les marchés obligataires. Cependant, «il est difficile de dire si c’est parce que les CDS sont plus liquides que les obligations ou parce qu’il est plus facile de prendre des positions courtes sur le marché des CDS». Ces affirmations ne valent que pour la dette privée car les études disponibles sur les marchés souverains sont assez contradictoires.
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