Les régulateurs européens s’alertent des risques liés au collatéral
Les autorités européennes de régulation des marchés, des banques et des assurances, s’inquiètent de l’utilisation croissante du collatéral au sein de la zone euro. La réutilisation ou les techniques d’optimisation du collatéral «conduisent à une plus grande interconnexion au sein du secteur financier, à des risques de contagion entre les secteurs, ou à des effets pro-cycliques en réponse à des chocs sur les prix ou à des dégradations de participants de marché ou de titres de collatéral», écrivent l’Esma, l’Eba et l’Eiopa dans leur rapport annuel sur les risques et les vulnérabilités du système financier européen publié le 12 avril.
La crise financière et plus particulièrement la chute de Lehman Brothers ont rendu les opérateurs de marchés de plus en plus prudents vis-à-vis du risque de contrepartie. Ils préfèrent désormais sécuriser leurs échanges avec du collatéral. Les marchés du repo et des covered bonds ont largement profité de cette évolution. Par ailleurs, les régulations européennes, comme celle qui encourage la compensation des produits dérivés (Emir), obligent à utiliser davantage de collatéral.
S’ils sont inquiets des interconnexions croissantes que créent les échanges de collatéral, les régulateurs ne croient pas à une pénurie «même si l’augmentation de la demande de collatéral dans les années à venir devrait excéder celle de l’offre». Selon l’Esma, la quantité de collatéral de bonne qualité disponible en 2012 était d’environ 11.800 milliards d’euros. Une très large part de cette somme est constituée de titres d’Etat. Quant à la demande, elle se situait autour de 4.100 milliards d’euros.
Les autorités, qui passent en revue une large gamme de risque dans leur rapport, se soucient aussi des problèmes de valorisation des bilans des institutions financières. Côté assurances, elles déplorent l’absence de standards comptables et de règles de valorisation harmonisées, notamment pour les obligations d’entreprises.
Côté banques, elles redoutent que les réaménagements offerts par les banques aux emprunteurs en difficulté ne soient pas suffisamment prises en compte dès lors qu’il s’agit d’évaluer leur risque de crédit. L’autorité bancaire européenne tente de mieux cerner cette pratique (forbearance) pour aider les superviseurs.
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