Les régions espagnoles sont en proie à des difficultés de financement

Les communautés autonomes voient leur endettement progresser rapidement. Celle de Valence a reconnu des problèmes de liquidités ponctuels
Solenn Poullennec

La situation des régions espagnoles pourrait aggraver les difficultés budgétaires de l’Espagne. Alors que le nouveau gouvernement espagnol vient de réviser la prévision de déficit pour 2011 de 6 à 8% du PIB, la communauté autonome de Valence a dû reporter d’une semaine le remboursement d’une dette de 123 millions d’euros à Deutsche Bank. Le conseiller économique de la communauté a affirmé qu’il ne s’agissait que d’un léger problème de liquidité, et que la région n’aurait pas, comme l’avait indiqué le quotidien El Pais, reçu de garantie de l’Etat.

Valence a été dégradée par Fitch en décembre de A- à BBB, l’agence évoquant entre autres «une situation de liquidité tendue et le fait que la région a épuisé la plupart de ses options de financement». Qui plus est, 18,5% de la dette en euros de la région doit arriver à maturité cette année. De quoi poser de sérieux problèmes de financement. A moins que l’Etat central ne vienne à la rescousse de la communauté, ce dont ne doute pas Fitch si les difficultés s’accroissent.

Même si elle est parmi les plus endettées, à près de 20% de son PIB, Valence est loin d’être la seule des dix-sept communautés autonomes à voir ses finances déraper. Avec la crise, les régions ont vu leurs sources de financement se tarir. Dans le même temps, elles ont eu du mal à couper dans leurs dépenses qui sont pour l’essentiel vouées à la protection sociale et à l’éducation.

Ainsi, en 2010, le déficit des régions est passé de 2% à 3,4% de leur PIB, au-dessus de la limite de 1,3% fixée par le gouvernement central. Au moins six régions la dépassaient, dont la riche Catalogne. Et, selon la Banque d’Espagne, la dette des communautés représentait 12,6% du PIB espagnol au troisième trimestre 2011, un record historique. Le ministre des finances Luis de Guindos a indiqué dans un entretien au Financial Times que la nouvelle loi «établira des instruments stricts de contrôle sur les budgets des régions autonomes». «Avant l’approbation des budgets, les ministres devront avoir le feu vert du gouvernement central» a-t-il assuré.

«Même si la dégradation des finances publiques locales est rapide et difficile à enrayer, les montants en jeurestent relativement faibles»,relativisait l’économiste de BNP Paribas,Thibault Mercier,cet été. Reste qu’en décembre, le président de la Catalogne, Artur Mas,aappelé le gouvernementà aider les régions. Ce dontMadrid se passerait bienen ce moment.

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