Les réflexions sur une refonte du Libor commencent
Depuis les premières secousses sur le marché interbancaire en 2007, le processus de fixation du taux interbancaire Libor fait l’objet de nombreuses critiques. Etabli à partir des estimations d’un panel de banques, ce taux de référence aurait été sous-estimé pendant les phases de stress sur les marchés. Concrètement, des contributeurs auraient minoré le taux auquel ils s’attendaient à emprunter afin de ne pas alarmer les marchés sur la situation de leur établissement, chaque déclaration individuelle étant publiée. Les régulateurs enquêtent aussi sur de possibles ententes entre banques.
Dans ce contexte, une refonte du processus de fixation du Libor paraît inévitable. Lundi, la British Bankers Association (BBA), des banques du panel, le Trésor britannique, la FSA et la Banque d’Angleterre se sont réunies pour entamer des réflexions, a révélé le Financial Times. Elles prendront en compte les derniers «développements sur le marché et en matière réglementaire, comme les futures règles sur la liquidité», qui pourront avoir un effet sur «les paramètres que le Libor mesure», a précisé la BBA. «Une discussion technique avec les groupes concernés, notamment les utilisateurs du taux, débutera rapidement», ajoute l’association professionnelle. Elle refuse en revanche d’indiquer dans quel délai ces travaux seront menés à bien.
Les défauts du Libor sont identifiés depuis longtemps, mais tout changement est délicat à mettre en place puisqu’il ne doit pas provoquer de choc sur les prêts ou les produits dérivés utilisant cette référence. Evoqué depuis mi-2008, l'élargissement du panel sur le Libor en dollar a fini par avoir lieu. Mais il est plus limité que prévu initialement. Fin 2010, BBA avait annoncé que le panel sur le Libor en dollar serait élargi à vingt banques, contre seize précédemment. Finalement, il compte à présent dix-huit établissements, après l’entrée de trois nouveaux en février 2011 et la sortie volontaire de WestLB l'été dernier.
Les données communiquées par les banques sont aussi au cœur des critiques. Elles sont purement déclaratives et ne sont donc pas basées sur des transactions réelles. Ensuite, les taux affichés par certains établissements étaient parfois déterminés en accord avec les traders de la banque, des courtiers interbancaires et des contreparties, d’après des sources citées par Bloomberg début mars.
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