Les quasi-souverains inonderont encore le marché primaire en 2010
Les émissions des quasi-souverains ont presque doublé en 2009. Outre les agences et institutions supranationales habituelles, de nouveaux véhicules, créés afin de lutter contre la crise financière, ont activement fait appel au marché. Ainsi, la Sfef en France et le fonds de restructuration bancaire (FROB) en Espagne ont largement contribué au bond des emprunts obligataires cette année. Au 2 décembre, 356 milliards d’euros de dettes ont été placés par des agences et des institutions supranationales non américaines d’après Dealogic, soit une hausse de 45%. En excluant les véhicules français et espagnols créés en réaction à la crise financière, le volume reste en hausse de 13%, à 244 milliards, par rapport à 2008.
L’an prochain, les quasi-souverains non américains viendront encore massivement sur le marché. Deutsche Bank estime leurs émissions à 370 milliards d’euros. En net, le volume d’émissions resterait stable par rapport à 2009, à 155 milliards compte tenu d’une hausse des remboursements. Derrière cette stabilité globale, les politiques des quasi-souverains pourraient diverger nettement.
«Tandis que certaines agences pourraient émettre moins compte tenu de la faiblesse économique, il y a un potentiel de révision à la hausse pour d’autres», explique Bernd Volk, stratégiste crédit de Deutsche Bank. Des émissions du FROB ou de l’Unedic, en France, pourraient ainsi s’ajouter aux 370 milliards d’euros d’émissions brutes anticipées.
L’agence KfW et la Banque européenne d’investissement pèseront lourd dans le volume d’émissions. Elles devraient emprunter 155 milliards en brut et 84 milliards en net. Les institutions financières internationales, mises à contribution pour soutenir les pays les plus touchés par la crise, se financeront aussi massivement sur les marchés.
Cette nouvelle vague d’émissions risque de se traduire par un écartement des spreads. Pour attirer les investisseurs, les agences s’efforceront en effet d’offrir des rendements attractifs. Le phénomène pourrait être limité par la baisse des émissions sur d’autres compartiments. Le ralentissement attendu de l’offre de dettes bancaires garanties pourrait permettre un transfert de la demande des investisseurs vers les quasi-souverains. La tension sur les spreads pourrait en outre être atténuée par le fait que ces émetteurs continuent de profiter de leurs statuts de valeur refuge, avance Deutsche Bank.
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