Les propos de Baudouin Prot n’ont pas convaincu le marché
Les investisseurs croient difficilement que BNP Paribas puisse se passer d’une augmentation de capital en cas d’échec du rachat de Fortis
Publié le
Alexandre Boksenbaum
Défiance. Telle était l’attitude des investisseurs hier vis-à-vis du titre BNP Paribas après les propos tenus dans LesEchos par le directeur général de la banque, Baudouin Prot. Ce dernier assurait ainsi hier matin que son groupe n’aurait pas besoin d’une augmentation de capital, et ce même en cas d’échec du rachat des activités de Fortis. Un commentaire auquel le marché a du mal à souscrire, l’action clôturant en repli de 2,34%, à 29,66 euros, dans des volumes de transactions élevés.
Baudouin Prot n’a pourtant pas ménagé ses efforts et ses explications, affirmant aux Echos que son groupe finirait l’année avec un ratio tier one «équivalent» à celui avec lequel il avait débuté l’exercice 2008. En outre, assurant que si l’établissement devait subir une dégradation de notation de la part des agences spécialisées, ce ne serait «que d’un cran», ce qui continuerait de placer BNP Paribas «parmi les cinq banques les mieux notées au monde pour leur solidité financière».
Du côté de CM-CIC, on veut croire que le groupe peut éviter une augmentation de capital dilutive début 2009, malgré des simulations qui montrent que la situation est «tendue» en cette fin d’année. Les analystes du courtier garantissent qu’en l’état actuel, le titre demeure «attractif» avec une valorisation boursière représentant aujourd’hui la moitié de la valeur des fonds propres de la banque. Et d’estimer que la baisse «très forte» du titre ces derniers temps paraît donc «très exagérée» compte tenu non pas de l’actualité mais des fondamentaux du groupe.
Le reste des investisseurs demeurent néanmoins plus mesuré. Un vendeur a ainsi déclaré que «le rachat de Fortis aurait été un soutien pour BNP Paribas», mais que sans cela, il était «difficile d’imaginer que la banque allait continuer sans aucune sorte d’augmentation de capital». Chez Raymond James, on juge également peu probable que l’établissement parvienne à combler sur ses propres ressources l’écart entre le niveau de core tier one et les attentes du marché. Une levée de fonds ne devrait cependant pas intervenir tant que le «spread CDS [de la banque] ne se détériorera pas relativement au reste du secteur», explique le bureau d’études. Ce dernier indique toutefois que la suppression d’un dividende de 1,75 euro par action permettrait d’économiser 0,3% sur le ratio tier one à fin 2008. Un calcul que pourrait méditer la banque.
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