Les professionnels s’interrogent sur l’avenir du marché du CO2

Il entre en 2013 dans une nouvelle phase avec les mises aux enchères. Mais il manque de perspectives à long terme pour se redresser
Violaine Le Gall

Hier l’avenir du marché du CO2 était au cœur des discussions du forum organisé par l’European Institute of Financial Regulation et l’Autorité des normes comptables à Paris. Le cours des quotas de CO2 s’est effondré autour de 6 euros après avoir plafonné à 35 euros en 2008.

La crise de 2008 a fait chuter les prix, puis les vols de quotas ont affecté la réputation du marché. Le ralentissement économique se traduit en outre par une baisse de la demande des industriels. Enfin, en 2011, le projet de directive sur l’efficacité énergétique a à son tour frappé le marché. Demandant aux entreprises à réduire leurs émissions de CO2, le texte pourrait se traduire par une baisse des besoins des industriels et donc une baisse des besoins de permis de polluer.

Les autorités réfléchissent dans ce contexte à des mesures pour relancer le marché et faire remonter les prix, alors que, début 2013, débute une nouvelle phase du projet européen avec la mise en place des enchères de quotas. Un prix de réserve, c’est-à-dire plancher, pourrait être instauré. Mais l’option qui semble la plus adaptée serait celle du set aside.

«Sans affecter le montant des quotas alloués sur la période 2013-2020, nous pourrions abaisser les montants mis aux enchères en début de période et prévoir une remontée vers la fin», explique Polona Gregorin, à la direction générale du climat à la Commission européenne. Des mesures complémentaires sont à l'étude, précise-t-elle. Le marché a aussi besoin d’objectifs à long terme. Le prix des quotas n’est pas nul pour la seule raison qu'«il intègre une option politique sur le fait qu’il va se passer quelque chose au niveau politique qui va nous remettre dans le droit chemin», estime Jérôme Malka, directeur général d’Orbeo, filiale de Solvay. Pour lui, la seule solution cohérente avec les objectifs environnementaux et économiques est de fixer des objectifs à l’horizon le plus lointain et le plus ferme possible. «S’il y a une vraie contrainte en 2030, nous agirons», affirme-t-il.

La Commission doit publier un premier rapport avant l'été sur les mesures envisagées. Elles seront intégrées à l’automne dans le vote au comité du changement climatique sur le règlement enchères. Tout n’est pas négatif puisque le fonctionnement du marché s’est perfectionné. La sécurité a été renforcée et le sera encore plus grâce au lancement imminent d’un registre unique européen.

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