Les professionnels lancent le débat sur la taille du marché actions OTC
Le marché actions de gré à gré (OTC) n’est peut être pas aussi important que l’on peut le croire. Dans un rapport, l’AFME, l’Association européenne des marchés financiers, qui regroupe toutes les grandes banques d’investissement, arrive à ce constat étonnant. «Il est souvent rapporté que la proportion du trading OTC sur actions européennes est approximativement de 40%», note l’AFME, qui estime ce chiffre «incorrect». Elle l'évalue plutôt à «16%», sur la base de données de 7 à 9 courtiers sur les transactions rapportées comme étant de l’OTC selon la directive MIF, entre le premier trimestre 2008 et le troisième trimestre 2010.
Le rapport de l’Université Goethe et Celent de septembre 2010, qui a relevé que 40% de l’activité est de l’OTC, est pointé du doigt par l’AFME. Elle estime qu’il a faussement assimilé «l’activité réalisée avec les transactions exécutables», exagérant ainsi le montant de liquidité OTC disponible.
Selon l’AFME, près de 60% des transactions, sur la période étudiée, ont été comptées deux fois. Référencées comme des «événements de reporting OTC», elles incluent celles entre brokers et pour le compte de clients. Le reste des transactions non rapportées ailleurs, entre autres celles des internalisateurs systématiques (SI) et des crossing networks (CN), représente la «liquidité réelle OTC».
En 2008, la liquidité réelle OTC pesait 23% de la liquidité totale, contre 11% de janvier à septembre 2010. Celle des CN a résisté, passant de 3% à 4%. Celle des IS a chuté de 10% en 2008 à 1% en 2010. Les transactions entre brokers ne représentent plus que 5% en 2010, contre 9% en 2008.
Les résultats de l'étude sont à prendre avec des pincettes. Les données utilisées ne représentent que 26% à 46% des transactions OTC sur une base annuelle et 18% à 57% sur une base trimestrielle. Mais à l’heure où la Commission européenne a entrepris de revoir la directive MIF, les banques d’investissement marquent leur territoire face aux Bourses traditionnelles comme Nyse Euronext qui dénoncent la montée du trading de gré à gré. Le débat illustre en tout cas un point: le manque de clarté du cadre pour la transparence pré- et post-marché de la directive MIF, qui explique les difficultés à déterminer la nature et la taille réelle du marché OTC.
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