Les professionnels de la gestion veulent préserver l'épargne retraite
Les professionnels de la gestion tentent de sauver les meubles. L’AFG (Association française de la gestion financière) vient d’adresser au gouvernement une série de propositions pour tenter de limiter les conséquences de l’alourdissement de la fiscalité de l’épargne salariale décidé dans le cadre du projet de loi de finance rectificative pour 2012.
Le lobby financier plaide notamment pour que les dispositifs d’épargne retraite (Perco…) ne soient pas concernés par la réforme, et donc pour le maintien d’un taux de taxation à 8%. «Si l’on veut pousser les épargnants vers l’épargne longue, il faut que le forfait social soit modulé», explique Paul-Henri de La Porte du Theil, le président de l’AFG.
Le forfait social créé par Nicolas Sarkozy et qui était déjà passé à 8% va être porté à 20% dès l’automne. Ces cotisations sociales non contributives, payées par l’employeur toucheront en principe la participation, l’intéressement, les plans d’épargne entreprise ou encore le Perco (plan d’épargne pour la retraite collectif).
«Nous avons l’impression qu’il y a une certaine précipitation de la part du gouvernement en quête d’argent frais mais il ne faut pas se tromper de cible. En taxant l’épargne salariale, on ne s’attaque pas à la finance spéculative mais on pénalise les épargnants de base, souvent à faibles revenus», souligne Laure Delahousse, la directrice des gestions d’actifs à l’AFG. L’épargne salariale bénéficie à plus de 10 millions de Français dont 40% ont moins de 40 ans.
L’AFG regroupe près de 600 sociétés de gestion avec 2.600 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Dans un contexte déjà marqué par un durcissement des réglementations (Bâle 3, Solvabilité 2), les professionnels de la gestion pointent régulièrement le danger qui pèse sur le financement de l’économie.
L’AFG souligne que le portefeuille global des titres de taux des sociétés de gestion françaises (1.700 milliards) est investi à plus de 85% en obligations émises dans la zone euro (dont la moitié en titres français), tandis que les investissements en actions (360 milliards) sont exposés à 72% à la zone euro, dont les deux tiers aux actions françaises.
«Les gérants français ont un prisme national. Qui prendra le relais si la gestion française est trop affaiblie ?», s’interrogent les représentants de l’AFG.
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