Les professionnels de la dette court terme assouplissent le label Step
L’industrie bancaire et la Banque centrale européenne misent sur la labellisation pour soutenir l’activité et améliorer la transparence des marchés de dette court terme. Hier à Bruxelles, les secrétaires généraux de la Fédération européenne des banques, Guido Ravoet, et de l’ACI (Association cambiste internationale), Thierry Cazaux, ont relancé le label Step (short-term european paper).
Une première convention avait été signée en 2006. Depuis, l’encours des papiers labellisés a atteint 409 milliards d’euros à fin septembre, soit 45% du marché européen. La proportion dépasse 55% en France.
Le concept du label, à savoir l’harmonisation de l’information mise à disposition des investisseurs et la publicité qui en est faite via la BCE, est maintenu. Mais la nouvelle convention présente «plus de souplesse», a expliqué Guido Ravoet. «Nous nous sommes aperçus, après deux ans, que certaines exigences étaient trop élevées pour certains participants», explique Franck Hebeisen, chef du desk short-term paper à la Société Générale.
L'émetteur pourra désormais se contenter de faire signer à une personne physique responsable de l'émission une déclaration d’adhésion à Step, et plus nécessairement la documentation du programme d'émission (information memorandum) elle-même. La mise à jour de cette documentation pourra intervenir tous les trois ans et plus nécessairement tous les ans. Franck Hebeisen y voit un potentiel d'«augmentation de la part de marché» du label dont l’attrait tient aussi au fait que depuis 2007 le papier labellisé est accepté comme collatéral par l’Eurosystème.
La BCE, qui continue à soutenir l’initiative en abritant une base publique de données statistiques, entend la promouvoir pour d’autres titres comme les titrisations et les obligations sécurisées. «Le travail se poursuit» sur les ABS autour des trois leitmotivs de «liquidité, simplicité et transparence», a dit hier Francesco Papadia, directeur général des opérations de marché financier à la BCE. La banque centrale exigerait que les originateurs fournissent des informations sur chaque crédit composant l’ABS «de façon à ce que chacun sache ce qui est derrière». «La titrisation est une idée brillante qui a pratiquement été tuée du fait d’une mauvaise mise en œuvre», a-t-il dit. Or «ne pas se comporter de façon éthique sur des marchés encadrés de cette façon est plus difficile», selon Franck Hebeisen.
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