«Les problèmes de la zone euro vont de nouveau peser sur la parité euro/dollar»

Yves Maillot, directeur des investissements chez Robeco Gestions
Violaine Le Gall

L’Agefi: L’effet des dégradations souveraines s’est vite atténué sur l’euro/dollar…

Yves Maillot: Oui, elles avaient été en partie anticipées. Pourtant, les dégradations de notes souveraines de certains pays de l’euro annoncées par S&P créent des difficultés supplémentaires au règlement de la crise au sein de la zone. Par ailleurs, le FESF, lui-même dégradé, dépend des garanties octroyées par les différents Etats membres, en particulier de ceux notés AAA. Les baisses de notation réduisent donc sa capacité d’intervention. En liaison avec le FMI, le MES (Mécanisme européen de stabilité financière) va donc s’y substituer pour renflouer les Etats en difficulté. La récente reprise de l’euro illustre le «fait accompli», d’autant que s’y ajoute en défaveur du dollar la dernière communication de la Fed sur le maintien de taux directeurs très bas pour une période d’au moins trois ans. Mais les problèmes politiques spécifiques à la zone euro et la question de la solvabilité de certains Etats vont néanmoins contribuer à de nouveau peser sur la parité euro/dollar.

Qu’est-ce qui vous fait parier sur un maintien de la parité euro/livre à 0,84 à six mois ?

En dépit d’une conjoncture difficile et d’une situation financière aussi déséquilibrée qu’en zone euro, la monnaie britannique s’est déjà assez nettement appréciée contre l’euro. Il est vrai que les Gilts, eux-mêmes directement rachetés sur le marché par la BoE, ont pu servir d’alternatives aux placements refuges plus traditionnels que sont les Bunds ou les T-Notes, favorisant la fermeté de la livre sterling. D’une parité de 0,90 à 0,83 en six mois, le mouvement a déjà été en grande partie réalisé.

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