Les primes continuent à croître dans les fusions-acquisitions
Depuis le début de l’année, elles s’élèvent en moyenne à 24,8 %. Reed Elsevier propose même 50 % aux actionnaires de ChoicePoint
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Olivier Decarre
On peut supposer que la baisse des marchés est source de bonnes affaires pour les prédateurs. Toutefois, ces derniers doivent prendre en compte une tendance de fond. L’augmentation des primes amorcée en 2004 se poursuit. Selon des données fournies à L’Agefi par Thomson Financial, l’écart entre le prix offert et la moyenne des cours à un mois a atteint 24,8 % pour les transactions annoncées en 2008. Soit 2,2 points de plus que sur l’ensemble de 2006, et 3,8 points de plus qu’en 2005 (voir graphique). Un phénomène d’autant plus intéressant pour les actionnaires des cibles que le risque induit est très faible, les deals étant à l’heure actuel payés à 84 % en cash (L’Agefi Edition de 7h du 25 janvier).
Les grands deals annoncés récemment caractérisent bien cette inflation. Microsoft a proposé une prime de 41,5 % (sur un mois) aux actionnaires de Yahoo. Idem pour la principale opération de notre bilan hebdomadaire réalisé avec mergermarket (voir tableau ci-dessous). L’offre de rachat ChoicePoint lancée par Reed Elsevier (4,1 milliards de dollars) fait ressortir un écart de 50 % par rapport au cours moyen du dernier mois (50 dollars contre 33,24).
Ces chiffres confirment donc bel et bien ce qu’avancent les experts depuis plusieurs mois. A savoir que le pouvoir de négociation est de plus en plus du côté des cibles du fait de leur rareté. Cela peut d’ailleurs les conduire, à l’image de Yahoo, à se montrer particulièrement exigeantes.
Dans ces conditions, offrir des primes inférieures à 20 % comme cela était le cas il y a trois ou quatre ans semble d’emblée voué à l’échec. Le brésilien Vale a pu s’en apercevoir. Son approche récente de Xstrata (avec 16 % de prime) a rapidement été rejetée. Selon Reuters, il pourrait toutefois revenir à la charge avec une offre à 40 pence. La prime serait cette fois de 37 %.
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