Les pressions s’accentuent sur Pékin pour une relance de la demande intérieure

Les importations ont affiché une chute record de 15,3% en janvier par rapport à 2011 et l’excédent courant pourrait reculer à 3% du PIB cette année
Patrick Aussannaire

La Chine renvoie des signes inquiétants. En janvier, les importations ont affiché une chute record de 15,3% par rapport à 2011, à 122,6 milliards de dollars. Une baisse largement sous-estimée par le consensus, mais affectée par un effet de saisonnalité lié au nouvel an chinois, le mois de janvier ayant compté 17 jours ouvrés contre 22 en janvier 2011. Certes, la baisse des exportations a été limitée à 0,5% (149,9 milliards). Néanmoins, les ventes vers l’Union européenne ont reculé de 3,2% après une hausse de 7,2% en décembre, alors que celles vers les Etats-Unis ont ralenti à un rythme de 5,5% après 11,9% en décembre.

Si Bank of America estime qu’en corrigeant les chiffres de ces effets, les exportations sont en hausse de 28,7% sur un an et les importations de 10%, Ren Xianfeng, économiste d’IHS Global, estime qu'«une chute de plus de 15% en janvier ne peut être expliquée entièrement par le calendrier lunaire» et fait craindre pour les perspectives de la demande intérieure. Depuis janvier 2011, les importations de produits pétroliers se sont contractées de 23,4%, et celles d’acier de 44,1%.

Le rebond du solde commercial de 16,5 milliards à 27,3 milliards de dollars en janvier ne devrait cependant pas remettre en cause son ralentissement progressif depuis 2009. A près de 300 milliards en 2008 et 155 milliards en 2011, il pourrait tomber à 41 milliards cette année, selon Bank of America. D’autant que le yuan a atteint son plus haut niveau depuis 18 ans vendredi contre dollar, à 6,2884 à Shanghai. Et les taux à 12 mois étaient à 6,2683 à Hong Kong, soit une prime de 0,4% par rapport au taux officiel.

Parallèlement, l’autorité des changes (SAFE) a estimé vendredi que le surplus des comptes courants pourrait chuter à 3% du PIB cette année, après plus de 10% en 2007 et 5% en 2010. «Des risques de sorties périodiques et spéculatives de capitaux ne peuvent pas être exclues» prévient-elle. Le FMI a révisé lundi dernier ses prévisions d’excédent à 3,3% du PIB en 2011 et 3,2% cette année.

Pour le moment, un programme de relance axé sur l’immobilier, l’emploi et le financement des PME a été annoncé la semaine dernière et la banque centrale poursuit ses injections de liquidités à court terme. Mais les marchés attendent un geste fort de la part de Pékin, tel qu’une nouvelle baisse du ratio des réserves obligatoires.

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