Les positions vendeuses spéculatives sur l’euro repartent de plus belle

Les statistiques hebdomadaires de la CFTC sur les opérateurs non commerciaux laissent anticiper une pression sur la devise unique européenne
Benoît Menou

L’euro n’est pas à la fête. Alors que la monnaie unique du Vieux Continent est passée hier sous 1,30 dollar, sur fond de tensions sur la dette souveraine espagnole et d’attentes de mesures concrètes de la part des autorités internationales, les statistiques publiées par le superviseur américain des marchés à terme, la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), laissaient voir un renforcement du niveau des positions nettes vendeuses spéculatives contre le billet vert au 10 avril.

Alors que le volume des positions nettes vendeuses établies par les opérateurs non commerciaux avait engagé un repli depuis fin janvier, les derniers éléments hebdomadaires de la CFTC montrent un regain de défiance. En une semaine, le solde net de positions vendeuses sur les contrats euro/dollar a en effet bondi de 21.302 contrats, à 101.364. Une évolution imputable à 97% à une progression du volume des positions vendeuses à 140.617 et à 3% seulement à un recul des positions acheteuses à 39.253. A raison d’un montant notionnel de 125.000 euros, la CFTC enregistre ainsi une exposition vendeuse nette de 12,7 milliards.

De quoi selon le responsable de la stratégie devises chez Société Générale CIB, Kit Juckes, fournir «davantage de munitions» à ceux qui misent sur un repli de la monnaie commune. Mieux, ce spécialiste qualifie de «mystère» le fait qu’effectivement l’euro ne soit pas «déjà significativement plus faible». Les stratégistes de Citigroup estiment pour leur part qu’il est encore «prématuré» d’anticiper un repli de l’euro au comptant à la lecture des statistiques mensuelles de la CFTC.

L’euro n’est pas la seule devise à subir les anticipations négatives des spéculateurs, les positions longues nettes en dollars recensées par la CFTC ayant progressé en une semaine de 17,8 à 23,2 milliards de dollars. A un plus haut depuis juin 2010.

Mais le renforcement des positions nettes vendeuses sur l’euro a bien constitué l’élément le plus intéressant de la semaine écoulée au 10 avril selon Ray Attrill, spécialiste des devises chez BNP Paribas CIB. Même si le niveau atteint n’a encore «rien d’extrême». Le 27 janvier, le solde des positions vendeuses s’était établi à 171.000 contrats à l’issue d’une chute entamée au printemps 2011 lorsque le solde était de 100.000 unités, en faveur des positions acheteuses cette fois.

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