Les PME françaises cotées semblent avoir gardé un bon accès au crédit
Même si le segment des valeurs moyennes a fait l’objet depuis la crise financière de l’été dernier d’une certaine désaffection des investisseurs, le 11e salon Oddo Midcap organisé à Lyon a réuni jeudi et vendredi dernier 115 émetteurs et 216 investisseurs. Avec, notamment, une question présente dans toutes les têtes : la crise du crédit va-t-elle handicaper les perspectives d’investissement des PME françaises ? Pour l’heure, la réponse est négative, à en croire la petite dizaine de sociétés interrogées par L’Agefi.
Pharmagest Interactive, leader français des solutions informatiques pour les pharmacies avec 43 % de part de marché, n’a par exemple constaté aucun problème d’accès au crédit. Bénéficiant d’une trésorerie nette positive, la société place ses disponibilités à un taux de 4,5 %, supérieur au coût moyen de ses emprunts bancaires. La société souligne « la bonne visibilité de son activité fondée sur un chiffre d’affaires dont 80 % est récurrent ». Ses investissements en 2008 seront stables à périmètre constant, mais une autre acquisition à l’étranger n’est pas à exclure après celle de la société belge SABCO réalisée à l’automne dernier.
Même constat pour Danelec, fabricant et distributeur de mémoires flash et DRAM, un segment de marché ultra-concurrentiel. La société n’a pas non plus rencontré de problèmes spécifiques de financement en raison d’une trésorerie excédentaire, d’une faible intensité capitaliste et d’une croissance externe par implantation directe.
Certaines sociétés ont tout de même constaté « une frilosité plus grande des banques » depuis novembre, à l’image de Business & Décision, spécialisée dans la business intelligence et le CRM. Le groupe Gascogne, spécialisé dans la transformation du bois, « n’a pas vu de changement significatif dans les conditions de crédit liées à ses opérations courantes », mais avec un net gearing de près de 70 %, il a noté une démarche plus stricte des banques lors d’une opération envisagée de croissance externe qui ne s’est finalement pas réalisée en fin d’année.
Le resserrement des conditions de crédit pourrait donc tout de même influencer la politique de croissance externe des valeurs moyennes, dont certaines ont toutefois renégocié leur dette. C’est le cas de Business & Décision, qui « préfère autofinancer la création de filiales locales dans certains pays dits mineurs », alors que sur ses zones géographiques clefs, la société a recours à l’emprunt pour sa croissance externe. Avec un ratio d’endettement net sur capitaux propres (net gearing) inférieur à 30 %, il a pu effectuer des swaps de taux dans de bonnes conditions, d’où un coût moyen de sa dette inférieur à 4 %.
Quant à Linedata, éditeur de logiciels pour l’informatique financière, il a récemment renégocié au taux de l’Euribor +0,7 % une partie de sa dette qui ne représente que 30 % des capitaux propres. Le groupe combine croissance organique et acquisitions (11 opérations en 7 ans), la dernière remontant à 2005. Le groupe sera plus actif sur ce terrain cette année.
Certaines midcaps peuvent ainsi voir venir l’orage. LDC, leader français de produits issus de la transformation de volaille avec une diversification dans les activités de traiteur, a une trésorerie nette excédentaire de 100 millions d’euros qui lui laisse une grande marge de manœuvre. Il prévoit une stabilité de ses investissements industriels à 3 % du chiffre d’affaires et étudie «toute opportunité permettant une plus grande concentration du marché français». Et le groupe Demos, numéro deux français de la formation professionnelle, coté sur Alternext depuis juin 2007, a pu lever des fonds qui le placent en situation de trésorerie nette positive, le coût moyen de sa dette brute s’élevant à 4,2 %.
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