Les plus grands émetteurs chinois se tournent vers l’euro
L’euro commence à attirer les grands émetteurs chinois. Quelques jours avant la mise en place officielle d’une ligne de swap de change de 45 milliards d’euros entre les banques centrales chinoise et européenne, le géant pétrolier chinois Sinopec, qui détient un portefeuille de dette de quelque 100 milliards de dollars, est venu pour la première fois solliciter le marché de la monnaie unique en émettant 550 millions d’euros à 7 ans dans le cadre d’un financement mixte «dual currency» d’un montant total de 3,5 milliards de dollars.
Une opération qui fait suite à l’émission similaire réalisée quelques jours plus tôt par Cnooc de 500 millions d’euros dans le cadre d’un financement dual de 2 milliards de dollars. «Le marché euro, qui n’est pas pollué par la crise budgétaire et politique que traverse actuellement les Etats-Unis et qui bénéficie du maintien d’une politique accommodante de la part de la BCE, est particulièrement attractif en ce moment pour les émetteurs chinois», explique Yves Jacob, responsable des émissions de dette en Asie pour la Société Générale, qui a dirigé l’opération Sinopec aux côtés de Citigroup, JPMorgan, HSBC, et Goldman Sachs.
«Le but est d’aller chercher de nouveaux investisseurs et ne pas être dépendant d’un seul marché, ainsi que d’arbitrer sur les conditions de spreads les plus favorables», ajoute Yves Jacob. Après couverture du risque de change, le coût de l’émission par Sinopec est ressorti, à l’instar de celle de Cnooc, à un spread de 10 pb inférieur sur la ligne en euro que sur la ligne en dollar. Le coupon de l’obligation est ressorti à 2,625%, soit un spread de 125 pb au-dessus du taux mid-swap de référence. Du pain bénit pour les investisseurs qui achètent du risque souverain chinois, puisque Sinopec est détenu à 100% par l’Etat, pèse 5% du PIB chinois et génère 3% des recettes fiscales. «Peu d’émetteurs notés AA payent des spreads à trois chiffres», estime Yves Jacob.
Le marché chinois est en pleine expansion, avec des émissions totales qui devraient atteindre 100 milliards de dollars cette année, et grimper entre 200 et 300 milliards dans les prochaines années, selon Yves Jacob. CNPC a récemment mis en place un programme EMTN d’émissions à moyen terme qui laisse augurer qu’il sera l’un des prochains à diversifier ses devises de financement. Un processus entamé sur les marchés obligataire internationaux par les groupes chinois seulement depuis 2010.
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