Les placements privés de dette en Allemagne se multiplient
L’émission réussie outre-Rhin par le groupe d’électroménager Seb pour 220 millions d’euros sous forme de contrat de prêt «Schuldschein» (certificat de dette) est une nouvelle illustration de l’appétit grandissant des entreprises françaises pour ce marché de la dette. Pour les émetteurs, cela permet de diversifier les sources de financement tout en bénéficiant d’un régime souple. Le crédit «Schuldschein» nécessite en effet une documentation peu contraignante, soumise au droit allemand et sans obligation de notation pour l’emprunteur.
Si l’on se place du côté des investisseurs, «c’est un moyen de diversifier leur portefeuille vers des émetteurs absents du marché obligataire », explique Charles-Antoine de Fontenay, directeur origination corporate marchés obligataires chez HSBC France. Arrangée par HSBC et Commerzbank, la levée de fonds de Seb comprend 3 tranches de 3 ans et demi, 5 et 7 ans à la fois à des taux fixes et variables. Elle permet au groupe de rallonger la maturité de sa dette. «Depuis le début de l’année, le montant émis par les entreprises sur le marché du «Schuldschein» s’est élevé à environ 6,5 milliards d’euros. Le volume total attendu pour 2012 devrait être supérieur à 10 milliards», précise Charles-Antoine de Fontenay.
Traditionnellement dominé par les émetteurs allemands du secteur public et financier, ce marché s’ouvre peu à peu aux émetteurs non domestiques. Ces derniers devraient représenter environ 20% des volumes en 2012. Depuis le début de l’année plusieurs entreprises françaises se sont refinancées sur ce compartiment à l’image de Sonepar, Faurecia, ou encore Bureau Veritas.
Il séduit aussi de plus en plus d’investisseurs étrangers. Pour l’opération Seb, «les investisseurs asiatiques ont souscrit à hauteur de 34% du total, les Allemands pour 24%, et les Français dans une proportion de 23%», indique-t-on chez HSBC. En 2008, lors du premier placement de dette «Schuldschein» par Seb, la part d’investisseurs étrangers se limitait à 25% environ, tandis que les comptes allemands et autrichiens représentaient près des trois quarts restants.
Ces dernières années, les investisseurs de type «Landesbank» et caisses d'épargne allemandes ou les filiales allemandes de banques étrangères, qui dominaient autrefois le marché, ont vu leur poids se réduire fortement dans ce genre d’opération.
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