Les petits cabinets d’audit veulent que Bruxelles généralise le co-commissariat aux comptes
Des cabinets de petite et moyenne taille demandent à Bruxelles d’amender sa copie sur la réforme du secteur de l’audit. Quelque 90 sociétés et réseaux (Baker Tilly, Nexia France, BM&A, Tuillet, etc) se sont regroupés en mars au sein du collectif Option Initiatives Audit pour promouvoir le co-commissariat aux comptes et un partage du travail entre les cabinets plutôt que leur rotation systématique.
L’association veut, comme le professe la Commission, déconcentrer le marché aujourd’hui dominé par les Big Four (Deloitte, KPMG, PwC et Ernst and Young) mais elle s’inquiète des textes proposés en novembre dernier. Ce «dispositif – s’il est voté en l’état – sera insoutenable et donc contre-productif, tant les contraintes sont importantes aussi bien pour l’auditeur que pour l’audité», écrit-elle dans sa proposition d’amendement.
Bruxelles suggère d’imposer une rotation obligatoire des cabinets d’audit au bout de six ans. Ce délai passerait à neuf ans en cas d’audit conjoint (co-commissariat) où deux cabinets se partagent le travail de façon équilibrée. Les principaux associés en charge de l’audit devraient toujours changer au bout de sept ans.
Aux yeux d’Option Initiatives Audit, la rotation n’est pas une solution optimale car les professionnels mettraient du temps à bien prendre en main les dossiers lors de chaque changement de société. Selon le collectif, il faut généraliser l’audit conjoint et/ou l’audit partagé quand un cabinet certifie les comptes des filiales d’un groupe et l’autre assume ses comptes consolidés. Pour rendre ce modèle attractif, la rotation régulière des cabinets ne serait pas obligatoire dans les pays qui ont adopté l’un de ces modèles. En France, où le co-commissariat au compte est généralisé, les auditeurs seraient donc épargnés. Quant à l’obligation de rotation, elle dépendrait aussi de la taille de l’entreprise.
Pour la sélection des nouveaux auditeurs, Bruxelles veut rendre obligatoire les appels d’offres, ouverts à au moins un cabinet qui ne fait pas partie des Big Four. Aux dires d’Option Initiatives Audit, ce système serait seulement accessible aux grands cabinets (il représenterait 5% des honoraires d’audit annuels) et donc néfaste. L’association plaide pour que ces appels d’offres ne s’imposent qu’aux plus grosses entreprises comme celles du CAC 40 et soient ouverts à plus d’un cabinet n’appartenant pas aux Big Four.
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen tourne au casse-tête pour le Japon
La devise nippone est au plus bas depuis 40 ans, malgré des interventions massives. La Banque du Japon ne semble pas en mesure d’y remédier de façon crédible. Les écarts de taux encouragent toujours plus les stratégies de portage sur les marchés mondiaux, avec les risques qu'un débouclage soudain comporterait. -
Soitec prévoit une croissance de plus de 30% des revenus au deuxième trimestre
Soitec a publié de manière anticipée un chiffre d'affaires trimestriel en forte hausse, tiré par l'explosion de la demande en IA et son activité Photonics-SOI. Les perspectives restent solides. -
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations. -
Alstom anticipe une accélération de sa dynamique commerciale
Alstom confirme ses objectifs annuels et anticipe une accélération de sa dynamique commerciale, malgré un repli des prises de commandes au premier trimestre. -
Ipsos abaisse ses prévisions de ventes en 2026
Malgré un rebond au deuxième trimestre, Ipsos révise à la baisse sa prévision de croissance organique pour 2026 autour de 2 %, tout en maintenant son objectif de marge opérationnelle. -
Dassault Aviation maintient son plan de vol pour 2026
Dassault Aviation confirme ses objectifs annuels après un premier semestre marqué par une forte hausse de son chiffre d'affaires.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot