Les petites banques d’Europe du Sud restent exclues du marché de la dette
Les investisseurs ont douché les espoirs de Banco Popolare. La quatrième banque italienne par les actifs a dû renoncer en début de semaine à son émission obligataire de dette senior non sécurisée de 500 millions à échéance 2016, la demande des investisseurs s’étant révélée insuffisante. Même sanction pour UniCredit Bank Austria qui a été contrainte lundi de repousser à plus tard une adjudication du même type.
Ces mésaventures témoignent de la fragilité des banques des pays périphériques toujours convalescentes. «L’échec de Banco Popolare à faire appel aux marchés montre que les difficultés des banques italiennes à se refinancer ne sont pas terminées», souligne Mediobanca Securities.
Le succès récent de l’émission d’Intesa Sanpaolo qui a levé pour 1,25 milliard d’euros de dettes sur les marchés à maturité 7 ans, et les émissions en dollars de plusieurs grandes banques françaises, dont la Société Générale, soulignent la division des banques européennes en deux ligues.
La majorité des petites banques régionales des pays périphériques restent quant à elles coupées du marché primaire de la dette non sécurisée. En fait, «le marché fait la distinction en fonction de la taille, la solvabilité et la rentabilité des établissements», explique Marnik Hinnekens responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon.
«Banco Popolare s’est montré un peu trop ambitieux en essayant d’émettre sur le marché de la dette senior non sécurisée avec une maturité de 3,5 ans. Son CDS sur 3 ans et 5 ans avoisine les 500 points de base ce qui signifie que les investisseurs demandent à être payés 5 pourcents au-dessus de l’obligation sans risque de même catégorie. Emettre de la dette dans ces conditions devient trop cher., précise Marnik Hinnekens.
Dans la catégorie d’établissements affichant des primes de risque trop élevées on retrouve aussi Banca Popolare di Milano avec un spread au-dessus de 600 pb, la banque portugaise Banco Espirito Santo à 540 pb ou encore l’espagnole Banco Popular qui affiche un spread à 590 pb. Ces établissements de taille modeste sont donc contraints de rester dépendants de la BCE pour leur refinancement dans un contexte toujours incertain.
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