Les pertes de JPMorgan pourraient peser sur le marché de la titrisation
La réputation de JPMorgan n’est pas la seule victime de l’erreur de trading de 2 milliards de dollars au moins annoncée au début du mois de mai. Le département incriminé dans ces pertes colossales, le chief investment office (CIO), chargé de gérer les risques du groupe et la stratégie de couverture des expositions de crédit, a largement contribué à animer le marché des obligations adossées à des crédits hypothécaires résidentiels (RMBS).
Le CIO est le plus gros acheteur de titrisations européennes, selon Reuters. De quoi attiser les inquiétudes sur le dynamisme de ce marché si JPMorgan décidait de changer de stratégie ou de vendre des actifs à la suite de ses pertes. Pour l’instant, la banque a expliqué qu’elle ne liquiderait pas d’un bloc toutes ses positions. L’exposition de JPMorgan aux RMBS non américains et disponibles à la vente était de 75 milliards de dollars à la fin du mois de mars.
L’origine des pertes qui pourraient encore augmenter d’«un milliard de dollars ou plus» de l’aveu même du patron de la banque, Jamie Dimon, reste assez floue. Le PDG sera entendu par les sénateurs américains prochainement à ce sujet. Il a expliqué que la stratégie de couverture avait été redéfinie et que «la nouvelle stratégie, censée réduire la couverture au total, l’a rendue plus complexe, plus risquée, s’est révélée incroyablement inefficace, mal construite et mal surveillée».
Des spécialistes du marché du crédit, interrogés par Reuters, redoutent que le retrait de JPMorgan du marché de la titrisation entraîne celui-ci vers le bas. Même s’ils n’ont pas immédiatement noté de mouvements de vente de la part de la banque à la réputation entachée. Elle a largement contribué à animer le marché depuis 2009 alors que celui-ci reste en crise.
Des analystes cités anonymement par l’agence expliquent que l’émission de RMBS hollandais n’aurait pas pu se faire l’année dernière si le CIO n’avait pas accepté d’acheter certaines tranches, plus longues et alors peu convoitées par les investisseurs.
Le marché primaire et secondaire des RMBS européens reste assez fermé et limité plutôt aux investisseurs britanniques et néerlandais. Cependant, des spécialistes notent un regain d’appétit de la part d’investisseurs étrangers, notamment asiatiques. Ce qui pourrait réduire l’impact d’un éventuel désengagement de JPMorgan.
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