Les perspectives d’emploi se mettent au diapason de la crise des marchés
Le baromètre Manpower indique une baisse des perspectives de recrutement dans 21 pays sur 39, dont les Etats-Unis, la France, la Chine et l’Inde
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Patrick Aussannaire
La prudence est de mise sur le marché de l’emploi. Selon le baromètre Manpower des perspectives d’emploi pour le quatrième trimestre 2011 publié hier, les recruteurs interrogés abaissent leurs perspectives dans 21 des 39 pays couverts par rapport au troisième trimestre. «Tout comme les marchés financiers, le marché de l’emploi poursuit son adaptation à la «nouvelle normalité» et les turbulences vont perdurer. Naviguer à travers une demande volatile est très difficile pour les employeurs, mais la plupart d’entre eux continuent d’être attentifs et prudents dans leurs recrutements», estime Jeffrey Joerres, président directeur général de ManpowerGroup.
Les perspectives nettes d’emploi aux Etats-Unis (différence entre les recruteurs qui comptent embaucher de nouvelles personnes et ceux qui prévoient de réduire leurs effectifs) ont baissé d’un point par rapport au troisième trimestre à +7%. Sur les 13 secteurs couverts par l’enquête, seuls ceux de l’éducation et de la santé comptent accélérer leurs embauches. Jeffrey Joerres estime que le plan de 447 milliards de dollars proposé par la Maison blanche en faveur de l’emploi peut améliorer la confiance mais ne devrait pas changer la politique de recrutement des entreprises à court terme.
Et ce ralentissement des perspectives d’emploi aux Etats-Unis pèse sur celles du reste du monde, et notamment en Inde et en Chine, avec un solde net d’emploi en baisse de respectivement 16 et 3 points à 30% et 20%. «Même les économies émergentes, avec l’expansion de leurs classes moyennes, ne peuvent plus éviter les effets du ralentissement américain» indique Jeffrey Joerres. Sans compter que les programmes d’austérité budgétaire européens pénalisent la demande pour les biens produits dans les économies émergentes.
Les perspectives les plus optimistes au sein du continent européen sont observées en Norvège (+13%), en Allemagne (+12%), en Suède (+10%), en Suisse (+7%) et en Autriche (+6%). A l’inverse, les soldes nets les plus faibles, et les seuls soldes négatifs de tous les pays couverts par le baromètre, sont enregistrés en Grèce (-13%), en Italie (-10%) et en Espagne (-1%). En France, une inflexion des perspectives d’emploi se dessine, avec un solde net corrigé des variations saisonnières qui s’établit à +3%, en baisse de 2 points par rapport au troisième trimestre.
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