Les perspectives d'émissions de titrisations demeurent incertaines en 2010
Le rebond économique en Europe n'étant pas acquis, S&P juge possible une nouvelle détérioration de la qualité de crédit des actifs sous-jacents au sein des titrisations
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Tân Le Quang
Alors que la base d’investisseurs a commencé, fin 2009, à se reconstituer pour les titres AAA adossés à des crédits automobiles et à des prêts hypothécaires résidentiels (ABS et RMBS), Moody’s, dans un rapport, a annoncé avoir procédé l’année dernière à 741 baisses de notation de titrisations, contre 408 en 2008. Selon Deutsche Bank, la détérioration du crédit en 2009 explique la poursuite des abaissements de notes des RMBS, des obligations adossées à des prêts (CLO de LBO et de PME) et des titres adossés à des prêts hypothécaires commerciaux (CMBS). L’agence, elle, ajoute que près de deux tiers des rétrogradations de RMBS ont concerné les titres espagnols et les équivalents britanniques du subprime (non conforming).
Mais en termes de perspectives d'émissions, 2010 ne sera pas encore l’année de la renaissance pour l’industrie de la titrisation. L’horizon demeurent bouché pour les ABS et les RMBS selon Moody’s. L’agence part de l’hypothèse d’une hausse des taux de chômage et d’insolvabilité, qui devraient rester cette année à des niveaux élevés. Aux yeux de S&P, les perspectives demeurent «compliquées et incertaines». «Le redressement économique en Europe est toujours incertain et pourrait ralentir cette année, explique l’agence dans un rapport.
S&P croit qu’une nouvelle détérioration de la qualité de crédit des actifs sous-jacents couvrant les titrisations est possible. Les dégradations de titres adossés à des prêts hypothécaires (RMBS) pourraient, selon elle, se stabiliser dans certains pays en 2010, vu les taux bas. Le changement d’un environnement de stimulus fiscal à celui de resserrement budgétaire et de taux stables à des hausses des taux, expose en outre l’immobilier commercial à des risques significatifs notamment au Royaume-Uni, en Espagne et en Irlande.
Ces incertitudes, auxquelles s’ajoute le re-réglementation de l’industrie, empêcheront probablement la mise en place d’un nouvel équilibre de marché avant la fin 2010. Bien qu’elle juge possible qu’une réduction du coût des titrisations les rendant économiquement ou stratégiquement désirables aux yeux des originateurs, S&P n’écarte pas l’idée que d’autres sources de financement puissent aussi continuer à capter l’intérêt des plus grands originateurs.
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