Les périphériques risquent d'être trop dépendants de la dette court terme
Les rendements des obligations souveraines espagnoles et italiennes à courte maturité se sont fortement détendus ces derniers jours. A tel point que l’écart de taux entre les maturités espagnoles à 2 ans et à 10 ans a atteint le 8 août un plus haut historique. Un tel record semble aussi se profiler pour la dette italienne. L’explication est simple. Depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a laissé entendre qu’elle pourrait racheter des emprunts d’Etat à court terme sur le marché secondaire, les investisseurs se ruent sur la dette italienne et espagnole à 2 ans, attirés par les perspectives de gains à la revente. Mais dans le même temps, les taux à 10 ans italiens et espagnols se maintiennent respectivement aux alentours des 6% et 7%, des niveaux difficilement soutenables sur la durée.
En tirant les taux à la baisse, la BCE prend le risque de rendre les périphériques trop dépendants du financement à court terme, et d’augmenter ainsi d’autant leurs besoins de refinancement, pointent déjà les analystes. «Le problème, c’est que cela va contribuer à créer une montagne de dettes à refinancer», a confié à l’agence Bloomberg Marc Oswald stratégiste chez Monument Securities à Londres. «Se concentrer sur le court terme est très dangereux pour un pays car cela signifie que chaque année il faudra refinancer un pourcentage supérieur de dette plus élevée», poursuit-il. De quoi compliquer encore l’équation budgétaire pour les dirigeants italien et espagnol, Mario Monti et Mariano Rajoy engagés dans de sévères cures d’austérité, et en prise avec une économie chancelante.
Cette année, ni Madrid ni Rome n’ont émis de bons à horizon 15 ou 30 ans. La maturité moyenne de la dette italienne a atteint son plus bas niveau depuis 2005 à 6,7 ans, selon le bulletin trimestriel de l’agence de la dette. En Espagne, l’échéance moyenne des obligations d’Etat est de 6,3 ans, ce qui correspond à un plus bas depuis 2004.
La crise de la zone a fait de la BCE sa principale garante. En se disant prête à racheter des instruments de dette courte terme, l’institution de Francfort s’assure qu’aucun pays ne manque de liquidité mais elle ne finance pas durablement la dette de chacun. Le problème reste donc entier.
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