Les perdants de la chute du pétrole commencent à souffrir
Réagissant à la confirmation par l’Opep, le 27 novembre, que ses membres ne réduiraient pas leur quota de production du pétrole, le président russe Vladimir Poutine a tenté de faire bonne figure vendredi, en annonçant que le marché trouverait son point d’équilibre mi-2015. Rien n’est moins sûr et certaines économies dépendantes de l’or noir serrent les dents.
Toutes ne sont pas égales face à la faiblesse des cours du pétrole et les différences se font déjà sentir. «La Norvège peut prospérer quel que soit le niveau de prix, les Etats du Golfe disposent de fonds souverains gigantesques qui peuvent assurer les dépenses même en cas de chute des cours, tandis que le prix d’équilibre [fiscal oil breakeven price] se situe au-dessus des 100 dollars le baril pour la Russie et le Nigeria», estimait la recherche de Citi dans une étude datant de septembre 2012. Si cette étude date, sa remarque reste d’actualité. Ces deux pays, avec le Venezuela, font partie des plus affectés par la chute du brut, alors que le cour du Brent passait sous les 70 dollars vendredi soir.
Avant même la décision de l’Opep, le Nigeria a dû prendre des mesures draconiennes. Le 25 novembre, sa Banque centrale a pris plusieurs décisions pour renforcer sa monnaie et enrayer ses réserves de change: le naira a notamment été dévalué de 8% (sa bande de fluctuation a été fixée à 160-176 dollars) et le taux directeur a été relevé de 100 points de base (pb), à 13%. «Cette dévaluation relativement modérée ne vient qu’acter le taux de change qui prévaut sur le marché interbancaire. Elle pourrait de fait se révéler insuffisante, alors que les pressions sur le change devraient persister» du fait du cours du pétrole et de l’approche des élections présidentielles, craignent les analystes du Crédit Agricole. Au-delà du budget de l’Etat, le secteur privé est particulièrement vulnérable à des cours faibles, parce qu’il est fortement endetté en dollars auprès d’intermédiaires commerciaux et financiers étrangers.
La vulnérabilité de ces pays pourrait avoir des conséquences pour leur signature sur les marchés de dette et donc leur capacité d’emprunt. L’agence de notation Fitch indique ainsi que «Bahrein, l’Angola, l’Equateur et le Venezuela sont les marchés émergents les plus susceptibles de subir une dégradation de leurs notes de crédit souveraines si les prix du pétrole ne se redressaient pas en 2015. Les moins vulnérables sont le Koweït, le sultanat d’Abou Dhabi et la Norvège».
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