Les pays scandinaves profitent de la gestion indépendante de leur politique de change
Les devises des pays nordiques jouent à plein leur rôle de variable d’ajustement face à la crise européenne. La couronne suédoise a reculé sur 15 des 16 dernières séances de cotation contre le dollar, soit le recul le plus long depuis 1971, et s’échangeait en fin de semaine dernière à ses plus bas niveaux depuis deux ans, à 7,1088. Le recul contre dollar atteint 8% depuis fin février et près de 3% contre l’euro. La devise a affiché la plus mauvaise performance contre euro parmi l’ensemble des devises de l’OCDE. Nordea Bank prévoit même une parité contre dollar à 7,40, soit une chute de 12% depuis février.
Une aubaine en période de ralentissement. La croissance de l’économie suédoise devrait en effet ralentir entre 1% et 1,5% cette année, après 5,8% en 2010 et 4% en 2011. Elle reste cependant supérieure à celle de la zone euro. GaveKal estime d’ailleurs qu’«une aggravation de la crise dans le Sud de l’Europe ne devrait pas avoir un impact significatif sur l’économie suédoise». Si l’activité du pays repose pour moitié sur ses exportations, la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce ne pèsent que 9,9% du total de ses ventes à l’étranger, contre 38% pour les pays scandinaves, l’Allemagne et les Pays-Bas.
Par ailleurs, le pays a réussi à réduire son ratio de dette de plus de 40% du PIB en 2009 à 31% en 2011. D’ailleurs, le rendement des obligations d’Etat à 10 ans est à 1,47%, équivalent au Bund allemand, alors que le CDS à 5 ans est de 64 pb, un niveau plus faible que l’Allemagne.
Un paradoxe qui s’explique par le marché des actions, détenues à 40% par des investisseurs étrangers, du jamais vu en Suède. «La pression à la vente sur la couronne résulte plus du rapatriement des capitaux étrangers hors du marché actions suédois que de l’affaiblissement de ses fondamentaux économiques», estime GaveKal.
Même constat concernant les autres devises scandinaves. La couronne norvégienne est en recul de 7,3% depuis fin février contre dollar et de 2,4% contre euro. L’affaiblissement de la devise islandaise a même permis à l’économie locale, plus de trois ans après son effondrement, de dégager un excédent extérieur de 33 milliards d’euros en mars. Les exportations pèsent aujourd’hui 59% du PIB du pays. Et le Trésor islandais a émis en début de mois un milliard de dollars à 10 ans à 5,875%, un taux inférieur à celui concédé par l’Espagne ou l’Italie.
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