Les pays émergents tentent de limiter la hausse de leurs devises
Le Brésil, l’Inde et la Russie qui ont vu leur monnaie s’apprécier de respectivement 8,5%, 8,1% et 7,2% en 2012, sont déjà intervenus sur les changes
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Patrick Aussannaire
Les pays émergents interviennent massivement avec plus ou moins de succès pour enrayer la hausse de leurs devises. Dans un contexte de modération des tensions inflationnistes et de politiques monétaires très accommodantes de la part de la Fed, de la BoE, de la BNS ou de la BCE, les devises des pays émergents connaissent un regain d’appétit de la part des investisseurs attirés par des rendements élevés.
Le rendement moyen des obligations asiatiques dépasse les 4% et celui des obligations d’Amérique du Sud les 6%, selon JPMorgan. Le real brésilien a ainsi rebondi de 8,5% à 1,725 contre dollar depuis le début de l’année, le rouble russe de 7,2% à 29,98, la roupie indienne de 8,1% à 49,324, indonésienne de 3%, le peso mexicain de 10%, colombien de 8,4% et chilien de 7,7%. Une appréciation qui risque cependant de coûter de précieux points de croissance, poussant les banques centrales à intervenir sur le marché des changes depuis le début de l’année.
A l’approche du seuil de parité du real contre dollar de 1,70, la banque centrale brésilienne est intervenue en début de mois pour la première fois depuis septembre dernier en rachetant du dollar sur le marché à terme et sur le marché au comptant. Elle peut s’appuyer sur ses réserves de change, qui ont progressé de 20% sur un an en janvier à 355,1 milliards de dollars. Elles n'étaient que de 50 milliards en 2006.
Parallèlement, des rumeurs ont circulé sur une intervention indienne quand la devise est passée sous le seuil des 49 contre dollar le 3 février. Selon Citigroup, la banque centrale russe dépenserait pour sa part 200 millions de dollars par jour en achat de devises étrangères pour enrayer la hausse du rouble, qui a connu sa meilleure performance en 2012 depuis 19 ans. Elle serait déjà intervenue sur les changes à hauteur de 1,1 milliard de dollars depuis le 26 janvier, selon Rosbank. La Colombie et l’Indonésie ont déjà suivi leur exemple, alors que le Chili et le Mexique commencent à tirer la sonnette d’alarme.
Mais la réaction à la baisse des devises reste modérée et ne remet pas en cause la tendance globale à l’appréciation. Depuis l’intervention de la banque centrale, la roupie n’a reculé que de 0,6%, le real de 0,3%, et le rouble de 0,9%. D’autant que le real et la roupie sont encore loin d’être revenus sur leur niveau de début 2011, de respectivement 1,65 et de 44,71.
L’endettement public américain - celui de l’Etat fédéral - vient de franchir cette barre, à 40.047 milliards de dollars, au moment où le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, cherche à éviter un dérapage sur les taux. Elle a doublé depuis le premier mandat de Donald Trump.
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