Les pays émergents montrent de l’appétit pour les petites devises

Les dollars canadien et australien et les couronnes suédoise et norvégienne ont accru leur poids dans les réserves de change, selon le FMI
Alexandre Garabedian

Les banques centrales se diversifient hors des grandes devises. Les statistiques trimestrielles du FMI sur les réserves de change à fin 2011 montrent que les gestionnaires accordent une attention croissante aux devises hors «G5», catégorie qui inclut le dollar, l’euro, le sterling, le yen et le franc suisse.

Fin 2011, les réserves de change mondiales atteignaient 10.197 milliards en équivalent dollars, en hausse de 33 milliards seulement sur un trimestre. Le FMI ne connaît le détail de leur allocation que pour 55% de ce montant (5.645 milliards), la Chine gardant notamment le secret sur sa politique. Si l’on considère seulement les pays dits émergents, seulement 39% de leurs positions de change sont connues.

En apparence, le billet vert a été le gros bénéficiaire du dernier trimestre 2011, avec une progression de 49 milliards des réserves exprimées en dollars, à 3.506 milliards, soit 62,1% du total. La part de l’euro, elle, a reculé de 25,6% à 25% sur ces trois mois qui ont marqué un paroxysme dans la crise des dettes en zone euro.

Mais il convient de corriger ces évolutions des effets de change. Sur cette base ajustée, «l’accumulation de dollars américains a représenté moins de 50% de la hausse des réserves, laissant penser que les gestionnaires ont essayé d’éviter le billet vert même dans un trimestre où les marchés émergents étaient sous pression et le dollar faisait figure de refuge», soulignent Steven Englander et Andrew Cox, les stratégistes change de Citigroup. Les gestionnaires des pays émergents ont même vendu du dollar sur la période. Autre perdant, le franc suisse, dont les volumes ont baissé de 6% corrigé des variations de change (10,5% en facial) à 7 milliards de dollars.

A l’inverse, hors effet de change, le montant des réserves libellées en euro progresse de 2,6%, en premier lieu grâce au choix des pays développés. Mais la progression la plus forte est à mettre au compte des «petites» devises: dollars australien et canadien, couronnes norvégienne et suédoise. «Cette catégorie a augmenté de 5-6%, en partant il est vrai d’une base faible de 5% des réserves allouées. Presque toute cette accumulation s’est produite dans les économies émergentes», relèvent Steven Englander et Andrew Cox. De quoi expliquer en partie l’appréciation des dollars canadien et australien sur la période.

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