Les pays émergents conservent une politique monétaire accommodante
Les pays émergents ont confirmé la semaine dernière leur biais accommodant. Après avoir relevé le taux sur ses opérations «repo» en devises pour en limiter les effets, la banque centrale russe (CBR) a profité du rebond du rouble de 35% contre dollar et euro depuis ses plus bas de fin janvier pour baisser ses taux directeurs de 150 pb et ainsi les ramener à 12,50%, alors que le PIB s’est contracté de 2% au premier trimestre. Natixis table sur des taux directeurs à 11% fin juin et 8% en fin d’année, grâce au recul de l’inflation de 16,9% en mars à 8% fin 2015 prévu par la CBR.
La banque centrale néo-zélandaise (RBNZ) a quant à elle laissé ses taux inchangés à 3,5%, mais a opté pour un biais accommodant, en ciblant les effets négatifs d’un affaiblissement du dollar local sur l’inflation. Le «kiwi» s’est repris de 5% contre le billet vert depuis fin janvier, mais reste en baisse de 2,5% sur 2015 et de 15% depuis juin 2014. Barclays table désormais sur une nouvelle baisse de taux de 25 pb en juin «l’inflation restant largement inférieure à l’objectif de la RBNZ».
En Thaïlande, la banque centrale a pris les marchés par surprise en concédant une nouvelle baisse de ses taux directeurs de 25 pb pour les ramener à 1,50%. Elle a fait référence pour la première fois à l’impact négatif de la force récente du baht sur les exportations, et a promis des mesures pour assouplir les sorties de capitaux afin de faire plier la devise. «La probabilité de voir la banque centrale faire passer ses taux sous leur plus bas historique de 1,25% a fortement augmenté», estime Barclays.
En Chine, la PBOC pourrait élargir la taille de son programme de «swap» de la dette des collectivités contre des prêts bancaires, après avoir baissé le ratio des réserves obligatoires des banques. En Inde, les 21 banques principales ont répercuté sur leurs conditions de prêts les 50 pb de baisse de taux directeurs de la RBI, à hauteur de 0,1 à 0,5 point. Le gouverneur Raghuram Rajan en avait fait un prérequis à la poursuite de son cycle d’assouplissement monétaire.
Seul le Brésil a procédé mercredi dernier à un nouveau relèvement de son taux directeur de 50 pb, pour le porter à 13,25%. Malgré un resserrement de 600 pb depuis avril 2013, l’inflation a atteint 8,2% et le real a chuté de 33% depuis un an contre dollar. Son récent rebond de 10% depuis son plus bas de mi-mars pourrait néanmoins offrir un répit aux tensions inflationnistes, selon Barclays.
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