Les pays développés se heurtent à la volatilité des prix des terres rares
Si l’Union européenne, les Etats-Unis et le Japon ont saisi l’Organisation mondiale du commerce en reprochant à la Chine de limiter les exportations de terres rares, c’est que ces grandes puissances sont confrontées à l’explosion des prix sur un marché encore très peu développé et organisé. Ces 17 métaux dits «terres rares» sont très recherchés car indispensables à la production de produits technologiques. Or, la Chine détient 37% des réserves mondiales mais est à l’origine de 97% de la production. Pour Bruxelles, les «restrictions à l’export sont clairement désavantageuses pour les producteurs étrangers car elles augmentent artificiellement les prix à l’export et font monter les prix mondiaux».
En 2010, la Chine a baissé ses quotas de 32% pour les compagnies domestiques et de 54% pour les compagnies étrangères. Les quotas ont encore été réduits de 35% au premier semestre de 2011. En 2012, Pékin a laissé ses quotas inchangés mais oblige les entreprises à respecter certaines contraintes environnementales pour pouvoir exporter.
Depuis mi-2011, les prix des terres rares ont baissé. «La chute qui s’est accentuée au cours des dernières semaines s’explique par la diminution de la demande mondiale avec la crise et le refus de certains acteurs, notamment coréens et américains, d’acheter des quotas chinois pour utiliser d’abord leurs stocks», explique Véronique Laurent, associée responsable du secteur énergie et ressources chez Deloitte.
Mais les prix restent beaucoup plus élevés qu’en 2009, souligne Bruxelles car la plupart des minerais ont pris de 500% à 1.000% au cours du premier semestre 2011. Selon la Commission, les prix à l’exportation sont encore deux fois supérieurs aux prix domestiques. «A moyen terme, on n’attend pas de baisse de la demande et dès lors que la Chine maintient des niveaux de quotas bas, l’offre risque d’être de nouveau insatisfaite et les prix vont être tirés à la hausse», souligne Véronique Laurent.
Même si des gisements sont découverts et des mines ouvertes, il faudra du temps avant qu’une filière rentable se développe hors de Chine car l’activité est coûteuse en main d’œuvre et polluante. Certaines entreprises développent le recyclage de terres rares, mais cela ne peut réduire le problème de la domination chinoise. «On est vraiment confronté à la naissance d’un nouveau marché de matières premières», conclut Jean-Michel Gauthier, chef économiste chez Deloitte
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