Les pays d’Europe de l’Est ajustent leur politique monétaire
L’assouplissement monétaire gagne les pays d’Europe de l’Est. En Roumanie, la banque centrale a baissé mercredi ses taux directeurs de 25 pb pour la cinquième fois consécutive, à 2,25%, et réduit son couloir en baissant d’un côté le taux de prêts à 4,25% tout en laissant le taux de dépôt inchangé à 0,25%. Elle a en outre estimé disposer de marges de manœuvre supplémentaires compte tenu du niveau d’inflation nul, même s’il devrait revenir à 2,1% dès la fin d’année.
Si la banque centrale polonaise (NBP) a maintenu son taux repo à 2% malgré un taux d’inflation à -0,9%, elle a suffisamment renforcé son discours accommodant pour inciter les économistes à tabler désormais sur un assouplissement de 50 pb à sa prochaine réunion du 4 mars. A 1,57%, le taux polonais à 2 ans est passé bien en dessous du taux directeur de 2%, alors que les forwards reflètent déjà environ 75 pb de baisse à horizon 6 mois.
Avec une anticipation d’inflation de 0% à 1% cette année qui reste loin de son objectif de 3%, l’autorité monétaire hongroise devrait également s’orienter vers une baisse de taux, actuellement à 2,10%, le mois prochain. Son homologue tchèque a quant à elle maintenu hier ses taux à un niveau déjà très faible de 0,05%, alors que la menace de voir l’inflation chuter en territoire négatif accroît la probabilité d’un relèvement du cours plancher de la couronne contre euro, fixé à 27, dans les prochains mois, ajoute BNP Paribas.
Ces biais accommodants sont renforcés par la hausse du forint hongrois de 4,5% contre euro, du zloty polonais de 4% et du leu roumain de 2,5% depuis mi-janvier, suite à l’annonce du QE de la BCE. Mais également par leur exposition aux prêts en franc suisse, redevenus toxiques avec l’abandon du taux plancher de la BNS. Dans ce contexte, «la Pologne et la Hongrie offrent les taux réels les plus élevés – reflétant la faible volatilité des marchés locaux et des conditions d’inflation sous-jacentes atones – et devraient ainsi continuer de bénéficier des largesses de la BCE», estime SG CIB.
Même la Russie, aux prises avec une inflation qui a atteint 13,5% du fait de la chute libre du rouble, est revenue sur une partie de sa hausse de taux choc de 650 pb concédé en décembre. Le gouverneur de la banque centrale, Elvira Nabiullina, a même estimé que la politique monétaire restait restrictive pour l’économie russe, promise à une récession sous l’effet de la chute des prix du pétrole et des tensions géopolitiques.
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