Les pays d’Amérique Latine interviennent pour enrayer la chute de leurs devises
Le Mexique emboîte le pas du Brésil sur sa politique de change. Pour la première fois depuis le mois de décembre 2009, la banque centrale mexicaine a cédé un montant de 258 millions de dollars sur le marché hier soir à une parité moyenne de 14,01 pesos pour un dollar. Il s’agit de la première utilisation du mécanisme mis en place en novembre dernier par la banque centrale qui consiste à intervenir sur le marché des changes dès que la devise se déprécie de plus de 2% par rapport au cours de la veille.
Avant l’adjudication, le peso avait justement franchi ce seuil en passant la barre des 14 à 14,0335 contre dollar, soit une dépréciation de 2,23% par rapport au cours de mardi. L’intervention de la banque centrale a permis de faire repasser la devise sous la barre des 14, à 13,97. A ce niveau, le peso était descendu à son plus bas niveau depuis six mois, avec une chute de 7% depuis le début du mois sur fond d’inquiétude qu’une aggravation de la crise dans la zone euro ne pèse sur les perspectives de croissance mondiale.
Le mécanisme mis en place par le Mexique est davantage destiné à lutter contre une volatilité excessive des changes qu’à mener une intervention directe sur le marché visant à infléchir une tendance, le pays s’étant toujours refusé, contrairement au Brésil, à imposer un contrôle des capitaux entrants et à avoir recours à des mesures protectionnistes. Néanmoins, cette intervention du pays fait suite à celle de son voisin brésilien et traduit les récentes inquiétudes de la région sur la chute brutale de leurs devises respectives.
Après avoir passée plus d’un an à lutter contre l’appréciation de sa devise en se lançant dans une «guerre des changes», la banque centrale brésilienne a cédé hier 2,2 milliards de dollars lors de deux opérations de swap de changes. Une opération qui a permis de faire rebondir le cours du real de 2,8% ce matin. Il s'était déprécié de 17% depuis début mars contre dollar. «Pour des sociétés qui détiennent une part importante de dettes libellées en dollars et qui dépendent des importations, une telle chute du real posent des problèmes énormes» explique le courtier brésilien Futura.
Sans compter que la dépréciation des devises ainsi que les mesures budgétaires et monétaires de soutien à l’économie ont relancé les anticipations inflationnistes. La différence de rendement entre le taux à 1 an et le taux à 10 ans a progressé de 25 points de base à 2,55% hier au Brésil et de 4 pb à 3,23% au Mexique.
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