Les Pays-Bas vont tester le nouveau pacte de stabilité européen
Les Pays-Bas sont sous perspective négative, et pas seulement aux yeux de S&P, qui leur a maintenu sa note AAA. A l’image de l’Espagne, le pays va vite tester le nouveau pacte de stabilité européen qui prévoit un retour à un déficit de 3% du PIB dès 2013. Un objectif désormais intenable pour une économie néerlandaise qui repose à 80% sur les exportations et qui est durement touchée par la stagnation ou l’entrée en récession de ses partenaires européens.
Selon le Bureau central de planification (CPB) néerlandais, dont les statistiques sont utilisées par le gouvernement pour établir le budget, le déficit devrait atteindre 4,6% du produit intérieur brut (PIB) cette année et l’an prochain. Le PIB du pays, qui a commencé à se contracter dès juillet 2011, diminuerait de 0,75% cette année avant de retrouver une croissance de 1,25% en 2013, selon l’organisme public.
«Les Pays-Bas sont confrontés aux mêmes problèmes que l’Italie et l’Espagne. Des coupes budgétaires sont également requises dans ces pays pour que les dépenses publiques ne dérapent pas tandis que, dans le même temps, des réformes doivent être mises en place pour garantir la croissance économique», indique le Bureau central dans son rapport.
Pour revenir dans les clous d’un déficit à 3% du PIB dès 2013, le gouvernement de coalition devrait trouver 16 milliards d’euros d'économies. Au risque d’accentuer la récession en cours et d’annihiler une partie des efforts fournis. Avec un pays du cœur de la zone euro confronté à l’arbitrage délicat entre austérité et croissance, le débat en Europe pourrait donc assez vite se focaliser à nouveau sur le rythme de réduction des déficits. «Eux aussi vont demander une trajectoire supportable en termes de tendance structurelle. Le débat va changer de nature», estimait récemment Philippe Mills, patron de l’Agence France Trésor (L’Agefi Quotidien du 14 mars). Les Pays-Bas affichent cependant un niveau de dette, attendu à 76% du PIB en 2015, plus supportable que celui de ses voisins.
Sur les marchés obligataires, ces difficultés commencent à produire leur effet. A 2,54% hier, les rendements à 10 ans restent certes très bas, à égale distance du Bund (2,04%) et de l’OAT (3,00%). Mais le spread franco-néerlandais se resserre de 50 points de base depuis le début de l’année, alors que l’écart avec l’Allemagne s’accroît de 14 pb.
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