Les Pays-Bas testent la confiance des investisseurs dans leur AAA

Le Trésor néerlandais va lancer demain sur le marché une nouvelle obligation à 10 ans avec un objectif de 5 milliards d’euros et un coupon de 2%
Patrick Aussannaire

Epargnés sur la perte de leur «AAA» par S&P, à l’instar de la Finlande, du Luxembourg et de l’Allemagne, les Pays-Bas vont tester la confiance des investisseurs demain avec le lancement d’une nouvelle obligation à 10 ans, pour la première adjudication directe du pays en 2012. Le montant visé par le Trésor néerlandais est de 5 milliards d’euros au minimum pour cette opération avec un encours qui sera porté à 15 milliards d’ici à la fin d’année. Le coupon du nouveau papier a été fixé vendredi à 2%.

En termes de finances publiques, les Pays-Bas peuvent se targuer d’afficher un niveau d’endettement représentant 68% de son PIB, soit 10 points sous le niveau de l’Allemagne. A l’instar des autres pays européens, le gouvernement néerlandais s’est engagé à ramener le déficit sous les 3% d’ici 2013 et à 1% en 2015. Cette année, le déficit devrait avoisiner les 3,5%, le rythme de consolidation étant freiné par une contraction attendue du PIB de 0,5%, selon Natixis.

Dans son dernier rapport, S&P, qui conserve une perspective négative sur la note du pays, explique que la forte compétitivité de l’économie néerlandaise, visible à travers le surplus courant de 6,4% en moyenne entre 2005-2010 et la position nette externe de 32% du PIB, compense pour l’heure les risques liés au manque «d’efficacité, stabilité et prédictibilité de la gouvernance dans la zone euro ».

Les marchés conservent leur confiance dans l’économie néerlandaise. Le spread entre le rendement des obligations d’Etat du pays et le Bund allemand s’est resserré à 31 pb, contre 102 pb entre le 10 ans français et allemand. De plus, la dernière adjudication d’obligations à 30 ans fin janvier a été servie à un taux de 2,69% contre 4,03% en avril 2011. Le niveau des CDS à 5 ans était de 98 pb, contre 166 pb pour la France.

L’immobilier reste un point noir. Alors que le marché hypothécaire pesait 107,1% du PIB fin 2010, le gouvernement prévoit de réduire les incitations à l’achat de logements. Une mesure qui affecterait la qualité du crédit selon S&P et constitue un problème pour les ménages, 15% d’entre eux faisant face à une dette dépassant la valeur de leur bien, et pour les banques du pays, très exposées, selon le gouverneur de la banque centrale, Klaas Knot. Malgré cela, le taux hypothécaire s’est resserré par rapport au taux de référence à 155 pb, après avoir atteint 425 pb début 2009 et contre 610 pb en Espagne.

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