Les Pays-Bas émettent la première «obligation verte» souveraine notée AAA
C’est aussi le premier «green bond» à obtenir un coût inférieur à l’obligation classique et à sélectionner des investisseurs «verts».
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Fabrice Anselmi
L’engouement pour les «green bonds» est toujours plus fort.
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Les Pays-Bas sont devenus mardi le premier émetteur souverain d’un «green bond» noté AAA. Alors que le gouvernement avait l’intention de lever jusqu'à 6 milliards d’euros pour 20 ans, la demande face à cette adjudication a dépassé les 21 milliards (plus de 3,5 fois les besoins), et permis de diminuer le spread par rapport à l’obligation de référence allemande à 18 points de base (pb), via un prix de 98,89% du pair et un rendement à l’émission de 0,557%, quand les obligations de l’Etat néerlandais équivalentes affichaient 0,58% sur le marché secondaire. «C’est la première fois qu’un emprunt ‘vert’ coûte vraiment moins cher à l’émetteur qu’un emprunt traditionnel, en l’occurrence avec une prime négative de 3 pb», s’enthousiasme Frédéric Gabizon, directeur DCM de HSBC, une des trois banques arrangeuses avec ABN Amro et Nordea au sein du pool de 13 banques actives pour le compte de l’agence néerlandaise de la dette (DSTA). Les souverains de la zone euro (Pologne, France, Belgique, Irlande) avaient jusque-là émis leurs obligations vertes via un processus de syndication. Le produit de l'émission sera affecté à des investissements verts au travers de projets dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports propres et l’adaptation au changement climatique, et pour au moins 50% sur les exercices budgétaires en cours ou à venir, la difficulté de ce genre d’émissions étant le plus souvent d’avoir défini les projets en amont. L’expert indépendant Sustainalytics a certifié cet instrument conforme au Green Bonds Framework, aux Green Bonds Principles, et à la Climate Bonds Initiative.
Autre particularité : l’émetteur avait proposé aux investisseurs déclarés comme respectueux de l’environnement de bénéficier d’une allocation supplémentaire pouvant aller jusqu’à 10% de leur demande, «un autre signe de l’engouement actuel pour ce genre d’instruments», poursuit Frédéric Gabizon : 32 institutionnels ont été reconnus comme tels, à 93% européens et 34% néerlandais. La souche pourra être étendue jusqu’à une taille de référence de 10 milliards, sous réserve de trouver les projets à financer.
L’Etat de Hong Kong cherchait également, ce mardi, à lever 1 milliard de dollars d’obligations vertes sur 5 ans. L’an dernier, les souverains avaient représenté environ 11% des 170 milliards de dollars d’émissions de «green bonds», un total que les spécialistes espèrent voir croître de de 10% à 20% cette année.
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