Les partisans d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe fourbissent leurs chiffres

Le think-tank OpenEurope reconnaît que le bilan financier d’une sortie de la Grande-Bretagne du marché intérieur est pour l’instant incertain.
Florence Autret, à Bruxelles

L’application des règles européennes coûterait plus de 33 milliards de livres par an aux citoyens et aux entreprises britanniques, estime OpenEurope, think-tank proche des Conservateurs qui vient de publier un palmarès des 100 lois européennes les plus coûteuses. En tête, la directive sur les exigences en capitaux bancaires (CRD 4) qui à elle seule entraine des coûts récurrents de 4,5 milliards par an.

Open Europe se base sur une évaluation de la Banque d’Angleterre d’août 2013, selon laquelle, toutefois, les bénéfices attendus d’une meilleure capitalisation (évalués en coûts évités du fait de la moindre possibilité d’une crise) atteindraient… 15 milliards d’euros.

En revanche, l’impact de la directive sur les fonds alternatifs (AIFMD) qui coûterait 1,5 milliard par an, selon une évaluation du Trésor britannique, ne produirait aucun bénéfice, l’étude d’impact du Trésor utilisée par le think-tank ne mesurant pas son effet sur la stabilité financière. «Si le Royaume-Uni devait quitter l’Union européenne et devenir comme la Norvège, 94% des coûts liés aux réglementations les plus lourdes persisteraient», reconnaît toutefois l’analyste Pawel Swidlicki.

Cet exercice à la méthodologie contestable illustre bien les dilemmes de la stratégie du Premier ministre britannique. David Cameron souhaite engager une discussion avec ses partenaires et revoir les conditions de la participation de son pays à l’Union avant la tenue du référendum sur l’adhésion britannique qu’il a promis pour 2017. Mais ces dernières semaines, les dirigeants continentaux n’ont cessé de rappeler, officiellement et informellement, au Premier ministre David Cameron que ses marges de négociation étaient quasi nulles. Dimanche, le président du Conseil Donald Tusk a assuré que rouvrir le traité pour accommoder d’éventuelles demandes britanniques après les élections de mai était «pratiquement mission impossible», une position qui n’avait jamais été formulée avec une telle fermeté par un dirigeant européen. «Tout sera fait pour accorder des concessions à Londres sans passer par une renégociation du traité», indique une source européenne.

La stratégie continentale consiste à placer les Conservateurs devant l’alternative : l’adhésion éventuellement aménagée mais à traité constant ou la sortie pure et simple (possible par décision unilatérale d’un Etat avec, si les autres le veulent, la possibilité d’en négocier les conditions pendant deux ans).

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