Les partisans d’une hausse des taux restent très minoritaires au sein de la BoE
En dépit de la baisse du chômage en Grande-Bretagne, les neuf membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) restent divisés sur la politique à mener. Si tous ont voté pour laisser le programme de rachat d’actifs inchangé à 375 milliards de livres début septembre, sept ont voté en faveur du statu quo sur le taux directeur alors que deux autres ont proposé de l’augmenter de 25 points de base à 0,75%, selon les minutes publiées hier. Le rapport de force était le même en août.
«Pour la plupart des membres [du comité de politique monétaire], il y a encore trop peu de preuves de pressions inflationnistes potentielles pour justifier une augmentation immédiate des taux», note le compte-rendu de la réunion des 3 et 4 septembre. Le taux d’inflation annuel au Royaume-Uni est tombé à 1,5% en août contre 1,6% en juillet. Non seulement la progression du coût du travail reste relativement faible aux yeux de sept banquiers centraux mais ils attendent un léger ralentissement de la croissance. Le PIB a progressé de 0,8% sur trois mois, au deuxième trimestre, soit au même rythme que lors des trois premiers mois de l’année.
«Les risques baissiers potentiels liés à la faiblesse de la croissance dans la zone euro, les risques géopolitiques et la possibilité de l’indépendance de l’Ecosse gagnent du terrain. Cela semble avoir conforté la position d’attente de la majorité [des banquiers centraux], ce qui élargit le fossé entre eux et les dissidents», analyse Daniel Vernazza, économiste chez UniCredit.
Aux yeux des dissidents, Ian McCafferty et Martin Weale, l’inflation a beau être en dessous de la cible de la banque centrale (2%) et sur une pente descendante à court terme, il ne faut pas y attacher trop d’importance car ce phénomène est dû à l’évolution du taux de change. L’économie continue de croître assez rapidement et «les signes d’un ralentissement de l’activité au quatrième trimestre ont pour l’instant été temporaires», font-ils valoir. A leurs yeux, les salaires pourraient augmenter rapidement à l’avenir.
Le chômage a baissé à son plus bas niveau depuis 2008 entre mai et juillet pour atteindre 6,2%, contre 6,6% entre février et avril et 7,7% un an plus tôt, selon les données publiées par l’institut des statistiques britanniques hier. La BoE tablait sur un chômage de 6,3% dans son rapport sur l’inflation publié en août. «Nous continuons à attendre une première hausse des taux dans les six prochains mois», conclut Michael Saunders chez Citi.
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