Les opérateurs font le pari d’une baisse de 50 pb des Fed funds

La vraisemblance d’un tel geste de la Fed demain à l’issue de son comité de politique monétaire atteint une probabilité de 45,5 % sur le marché
Tân Le Quang

Après avoir réduit dans l’urgence ses taux directeurs de 75 points de base (pb) le 22 janvier, la Réserve fédérale américaine pourrait demain soir à l’issue de son comité de politique monétaire abaisser de nouveau ses taux. C’est ce qui ressort des anticipations de taux, le marché pariant sur une réduction de 50 pb des Fed funds avec une probabilité de 45,5 %. Après le dernier geste de la banque centrale, Bank of America estime que « son rapport a accentué les risques baissiers pesant sur la croissance économique, suggérant davantage d’assouplissement [monétaire : ndlr] à venir ». L’établissement attend une baisse de 50 pb de plus à 3 % mercredi. Pour le Crédit Agricole SA, l’environnement macro-financier justifie une baisse de 50 pb, suivie de 25 pb le 18 mars. « Après l’euphorie, le comportement actuel des marchés financiers laisse percer une pointe de panique. Ce que veut éviter à tout prix la Fed », souligne dans une note la banque verte.

Par ailleurs, le scénario d’un nouveau geste de 75 pb n’atteint qu’une probabilité de 18,7 %, contre 22,9 % pour la thèse d’un abaissement modéré de 25 pb. Lehman Brothers estime que la dernière action de la Fed a été « particulièrement préventive ». Et compte tenu de la réaction favorable des marchés à ce geste, la banque américaine table sur un assouplissement de 25 pb. Hier, le marché des changes anticipait également un ajustement des Fed funds à la baisse, l’euro/dollar flirtant à nouveau avec le seuil des 1,48 en hausse, en séance, de 0,75 % à 1,4791.

Que ce soit 100,125 ou 150 pb, la réduction des taux depuis le 22 janvier restera substantielle. Surtout, la poursuite d’une politique monétaire accommodante de la part de la Fed démontrerait que les risques sur la croissance sont importants. D’ailleurs, l’idée que le ralentissement de l’économie outre-Atlantique affecte le reste du monde monte en puissance. Alors qu’ils voient les Etats-Unis en récession cette année, les économistes de Goldman Sachs jugent « très probable » que la croissance économique du Japon, qui a commencé début 2002, « soit terminée et que l’économie nippone soit à présent entrée en récession ». Lors du forum économique mondial de Davos, un panel de banquiers s’inquiétait de la hausse des risques d’une récession mondiale. Au bout du compte, à horizon 12 mois, le marché anticipe encore 125 pb de baisses, ramenant les Fed funds à 2,25 %.

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