Les obligations sécurisées se frayent un chemin aux Etats-Unis
Après plusieurs années de débat, les banques américaines pourraient bientôt disposer d’un cadre juridique pour émettre des obligations sécurisées. En 2008, le projet avait été mis en sommeil suite à la faillite de Lehman Brothers. Puis, à l’automne dernier, un nouveau texte avait été rejeté à la dernière minute, sous la pression de la FDIC, le fonds de garantie des dépôts, qui s’inquiétait de ne plus avoir accès, en cas de faillite d’une banque, aux actifs garantissant les obligations sécurisées. Mais, les covered bonds, très utilisées par les banques européennes, apparaissent comme un outil intéressant de refinancement bancaire, à un moment où le marché de la titrisation peine à redémarrer et où l’avenir des agences hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, durement frappées depuis la crise des subprimes, n’est pas encore fixé.
Un nouveau projet de loi vient donc d’être présenté à la Chambre des représentants la semaine dernière. Il fait suite à des discussions avec la FDIC, notamment sur la question de la liquidité en cas de défaut de la banque émettrice. «Alors que les bilans des institutions financières ne peuvent pas remplacer le marché de la titrisation, qui représentait plusieurs milliers de milliards de dollars, les covered bonds peuvent combler les besoins de financement sur le court terme et fournir une source de liquidité sur le long terme», ont expliqué la semaine dernière des représentants de l’association professionnelle Sifma, lors d’une audition au parlement. Ces titres permettraient aussi de transférer le risque de l’Etat, qui a sauvé les agences hypothécaires de la faillite, vers les investisseurs privés.
Les émetteurs canadiens et européens, eux, ont déjà perçu l’intérêt des investisseurs pour les obligations sécurisées en dollar. En 2010, 29,3 milliards de dollars de titres ont été placés sur ce marché, contre 2,3 milliards en 2009. Et depuis le début de l’année, 5,7 milliards ont déjà été émis, d’après SG CIB. Ce marché étant assez jeune et peu liquide, l’écart de rémunération entre les covered bonds en dollar et la dette senior non garantie en dollar est bien plus important que celui entre ces deux types de titres en euro, soulignent les spécialistes de la banque. Ceux-ci anticipent malgré tout 60 milliards d’émissions de covered bonds sur le marché dollar en 2011.
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