Les obligations sécurisées intéressent un nombre croissant d'émetteurs
Le marché des obligations sécurisées ne cesse de s’étoffer. Les nouveaux émetteurs n’ont jamais été aussi nombreux qu’en 2009 à venir s’y financer. Au total, une vingtaine d’institutions financières ont procédé à des émissions inaugurales en euro cette année. La dernière en date est l’opération de l’italien Banca Carige qui a émis 1 milliard d’euros sur sept ans. L’entrée en vigueur du régime des covered bonds dans de nouveaux pays a permis le lancement de programmes d’émissions. Les premières obligations sécurisées suisses et grecques sont arrivées sur le marché à la rentrée.
Outre un plus grand nombre de signatures, les investisseurs se voient proposer des titres de maturités plus longues. UniCredit a émis fin octobre un milliard d’euros à douze ans pour un spread de 60 points de base au-dessus des taux mid-swaps. «Cette maturité longue est particulièrement intéressante pour les compagnies d’assurances à la recherche de rendement absolu ; cette catégorie d’investisseurs a d’ailleurs souscrit 20% de la transaction», soulignent les analystes de Natixis. UniCredit a aussi profité de la demande des banques centrales nationales qui ont acquis 20% des titres dans le cadre du programme d’achat de titres de la BCE.
Au total, 105 milliards d’euros d’obligations sécurisées ont été émis depuis le début de l’année. Société Générale anticipe 120 milliards d’euros d’émissions pour 2009.
En 2010, les institutions financières voudront encore utiliser ce compartiment pour refinancer leurs prêts hypothécaires ou au secteur public. Leur besoin sera d’autant plus fort que 157 milliards d’euros de titres expireront l’an prochain. Ainsi, 168 milliards d’euros seront émis l’an prochain d’après Société Générale. «Les émetteurs aimeraient émettre bien plus que nos prévisions car les covered bonds offrent aux institutions de crédit un financement bon marché. De plus en plus de nouveaux émetteurs apparaissent», expliquent les stratégistes de la banque de La Défense.
Mais le marché ne pourra pas absorber tous les titres. D’abord, la BCE arrêtera son programme de rachat mi-2010. Ensuite, «la demande des investisseurs va modérer le rythme des émissions», estime la Société Générale. Compte tenu du ralentissement attendu des émissions en Allemagne, les investisseurs d’outre-Rhin pourraient cependant soutenir la croissance du marché en se portant acquéreurs de titres étrangers.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah