Les obligations prendront encore le relais des prêts bancaires en 2010
Les entreprises non financières devraient emprunter sur le marché en euro pas moins de 250 milliards l’an prochain
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Violaine Le Gall
Pour la deuxième année consécutive, les entreprises se financeront massivement sur le marché obligataire en euro en 2010. Cette année, les émissions d’obligations non financières de la catégorie investment grade ont représenté le montant record de 330 milliards d’euros d’après Barclays Capital. Après la fermeture du marché obligataire durant l’automne 2008, les entreprises ont rattrapé leur retard sur leurs programmes de financement en levant de la dette auprès des investisseurs. Puis elles ont souhaité anticiper leurs futurs besoins à un moment où le coût du financement bancaire avait fortement augmenté. A partir du printemps dernier, le marché obligataire est devenu d’autant plus intéressant pour elles que les spreads de crédit ont commencé à baisser.
L’an prochain, les besoins de financement des entreprises seront principalement liés à l’arrivée à échéance de lignes existantes, qu’il s’agisse d’obligations ou de crédits bancaires. De fait, les banques devraient encore appliquer une politique restrictive d’octroi de prêts, prévoient les stratégistes de Barclays Capital. A l’opposé, sur le marché obligataire, les rendements que doivent offrir les entreprises aux investisseurs ont nettement baissé. Le marché primaire s’est par ailleurs ouvert aux sociétés de la catégorie spéculative. Enfin, les émetteurs peuvent y lever de la dette sur des maturités longues. Du coup, les secteurs de la consommation et de l’industrie, habituellement utilisateurs de prêts bancaires, devraient davantage faire appel au marché obligataire. Les groupes de télécoms seront aussi actifs en 2010 compte tenu des importants remboursements attendus sur les trois prochaines années. Enfin, le secteur automobile se financera sur le marché pour faire face à ses échéances sur les dettes à court terme.
Dans ce contexte, Barclays Capital anticipe 250 milliards d’euros d’émissions d’obligations non financières en 2010 pour la catégorie investissement, un montant important mais toutefois en baisse d’environ 25% par rapport au record de 2009.
«Les émissions de dettes financières, elles, devraient rester stables par rapport à 2009, à 500 milliards d’euros», ajoute Barclays Capital. Elles seront inférieures au niveau moyen de ces dernières années car les banques continueront de réduire leur bilan et de moins prêter qu’auparavant. Ainsi, le volume d’émissions nettes de ce secteur devrait s’élever à 50 milliards d’euros seulement.
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