« Les obligations d’entreprises restent bon marché »
Stefan Isaacs, gérant du fonds M&G European Corporate Bond Fund
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Laure Closier
L’Agefi: Quel impact a eu la situation européenne sur votre exposition au crédit ?
Stefan Isaacs: La situation en Europe n’a pour le moment pas grandement altéré ma stratégie, qui consiste à augmenter mon exposition au risque de crédit après le rally massif de l’an dernier sur les obligations d’entreprises. Il y a beaucoup d’incertitudes sur les marchés et des décisions rationnelles s’imposent.
Je reste positif sur les classes notées «BBB» et «BB», qui, je pense, offrent les meilleures performances pour les investisseurs. En effet, actuellement, les obligations de ces catégories les indemnisent bien. De plus, beaucoup d’émetteurs notés «BBB» et «BB» ont été capables d’accéder aux marchés de capitaux pour refinancer leur dette et leurs marges bénéficiaires se sont généralement maintenues.
Restez-vous positif sur l’évolution des «spreads» ?
Je reste positif sur les perspectives des spreads de crédit et je crois qu’il est probable qu’ils continuent à se resserrer. Les spreads sur les obligations d’entreprises sont évalués à un niveau de défaut qui, selon moi, ne se réalisera pas sur les marchés, en particulier si nous considérons les faibles taux d’inflation et d’intérêt actuellement.
Si l’on regarde l’historique des données, les obligations d’entreprises restent bon marché et offrent toujours aux investisseurs un meilleur taux de rendement comparé à un investissement sur du cash. Alors que l’environnement économique reste problématique, je garde un avis positif sur le marché des obligations d’entreprises et m’attends à une poursuite des gains sur l’année 2010.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
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