Les obligations corporates sont confrontées à la baisse des rendements

La faiblesse des taux soutient l’obligataire d’entreprise mais les rendements déclinent et sont inférieurs à ceux des actions sur la plupart des marchés
Krystèle Tachdjian

La baisse des rendements des emprunts d’Etat du cœur de la zone euro, consécutive à la défiance des investisseurs vis-à-vis des emprunteurs périphériques, a largement profité aux émissions obligataires des «corporates» qui ont atteint un niveau record en août en terme de volumes de transactions. Les investisseurs semblent avoir quelque peu retrouvé le goût du risque, encouragés par les propos de Mario Draghi le président de la Banque centrale européenne, qui s’est dit prêt à tout mettre en œuvre pour sauver l’euro même si les contours de cette intervention restent à préciser.

Les nombreuses incertitudes entourant l’avenir de la zone euro ont notamment renforcé l’attrait des investisseurs pour les obligations d’entreprises de courte maturité, et qui bénéficient des meilleures notations, à tel point que les rendements offerts pourraient devenir négatifs.«Les obligations corporates de court terme et les mieux notées apparaissent comme les candidates les plus probables pour des rendements négatifs», même si cela pourrait prendre encore un peu de temps, anticipent les analystes de Bank of America Merrill Lynch dans une note publiée le mois dernier.

Dans le même temps, le segment «high yield» en Europe affiche les plus bas rendements depuis sept ans. Cela ne veut pas dire que les investisseurs sont moins sélectifs, comme le montre l'échec de certaines émissions sur ce marché, notamment celle de Monier. Cette situation affecte la hiérarchie des rendements entre les différentes classes d’actifs. A tel point que les marchés actions affichent désormais des rendements supérieurs à ceux des emprunts souverains dans la plupart des marchés mondiaux, soulignent les analystes de Citi dans une note.

«Cela reflète une double aversion pour le risque. D’une part, les investisseurs ont tendance à se diriger vers les emprunts d’Etat à taux fixes qui tirent aussi les taux corporates vers le bas. D’autre part, les rendements des actions sont élevés parce que les valorisations des actions sont très faibles», explique Vincent Guenzi responsable de la stratégie d’investissement chez Dupont Cholet.

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