Les obligations corporates à plus de 10 ans attirent les investisseurs
EDF, Areva et KPN ont récemment émis avec succès des dettes à 15 ans. Malgré la demande, l’offre pourrait rester faible
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Violaine Le Gall
Depuis début septembre, les émissions obligataires à plus de 10 ans se sont multipliées. Areva et EDF ont emprunté à 15 ans 1 et 2,5 milliards d’euros respectivement. La même semaine, l’américain Wal-Mart a vendu des obligations à 20 ans. Enfin, le 22 septembre, l’opérateur télécoms KPN est parvenu à lever 700 millions d’euros de titres à 15 ans.
Signe de l’allongement des maturités, les émissions à plus de 10 ans concernent 9 % du volume total placé au troisième trimestre, contre 6 % sur les trois premiers mois de l’année.
La réouverture de ce segment est rendue possible par la compression des spreads qui permet aux émetteurs d’emprunter sur des maturités plus longues pour un coût plus faible qu’en début d’année. La récente émission d’EDF à quinze ans a ainsi été mise à prix avec une marge de 90 points de base au-dessus des taux mid-swaps alors qu’en janvier dernier, le groupe avait dû offrir une marge de 255 pb pour emprunter à douze ans.
Parallèlement, «les investisseurs, pour obtenir des rendements toujours attractifs, et compte tenu du récent rally, diversifient leurs placements, explique Alain Gallois, responsable du marché primaire obligataire de Natixis. Ils s’intéressent à des émetteurs moins bien notés. Par ailleurs, ils se positionnent sur des titres de maturité longue, donc plus rémunérateurs, émis par des groupes bien notés ou présents dans des secteurs offrant une bonne visibilité.» Les utilities et les groupe de télécoms sont par conséquent à l’origine de ces émissions longues. Ainsi, le livre d’ordres pour l’émission de KPN, noté «BBB+», s’élevait à 6,6 milliards d’euros pour 700 millions d’euros de titres offerts à un spread de 168 pb.
Des groupes voudront encore saisir les opportunités qui se présentent sur la partie longue de la courbe, estime la recherche crédit de BNP Paribas. «Même si l’environnement est plus favorable aux émissions de titres longs, nous ne nous attendons pas à un déluge d’opérations de ce type de la part des corporates, tempère Marc Baignères, responsable origination France chez JPMorgan. Les groupes susceptibles de lancer des émissions sur plus de dix ans ont déjà couvert de manière significative leurs besoins de financement pour 2010. Ces groupes, principalement dans les secteurs utilities et télécoms, sont en effet les premiers à avoir pu revenir sur le marché après le début de la crise du crédit».
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