Les Nations Unies lancent un appel pour une nouvelle donne écologique mondiale
Le Rapport sur le commerce et le développement 2019 publié aujourd’hui par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) insiste sur les objectifs de développement durable (ODD) à réaliser d’ici à 2030, ce qui est possible «mais seulement si nous trouvons la volonté politique de changer les règles du jeu économique international et d’adopter les mesures qui permettront de mobiliser les ressources nécessaires à une forte hausse des investissements initiée par le secteur public et de placer l’économie mondiale sur une trajectoire d’expansion».
Les auteurs du rapport prônent une nouvelle donne écologique mondiale pour rompre avec les années d’austérité post-crise, contribuer à une répartition plus équitable des revenus et inverser le processus de dégradation de l’environnement enclenché depuis des décennies. Ils proposent une dizaine de mesures afin de mettre la dette, le capital et les banques au service de cette nouvelle donne. Parmi ces mesures, le communiqué commence par le renforcement du rôle dévolu aux droits de tirage spéciaux (DTS) pour appuyer les appels de longue date en faveur de la création d’un fonds mondial de protection de l’environnement. Il prône aussi la création d’un programme mondial de prêts liés aux ODD en faveur des pays à faible revenu ainsi que d’un fonds mondial pour le développement durable alimenté par les pays donateurs qui s’acquitteraient de leurs engagements non tenus au titre de l’objectif de 0,7% du revenu national brut consacré à l’aide publique au développement, et fourniraient ainsi des ressources complémentaires pour compenser les versements partiels des dernières décennies.
En outre, un renforcement de la coopération monétaire régionale permettrait de promouvoir le commerce intrarégional et de développer les chaînes de valeur intrarégionales en allant au-delà des simples accords de swap et de mise en commun afin de surmonter les contraintes de liquidité et de favoriser le développement à grande échelle de systèmes de paiement et de chambres de compensation régionaux.
Les auteurs proposent également la création d’un cadre fondé sur des règles pour faciliter une restructuration ordonnée et équitable de la dette souveraine, et la réduction des flux financiers illicites grâce à un système d’imposition unique dans lequel les bénéfices des multinationales seront considérés comme ayant été générés collectivement au niveau du groupe avec un taux effectif minimum global d’impôt sur les sociétés (entre 20% et 25%) s’appliquant à la totalité des bénéfices engrangés.
Contrôle permanent des capitaux, création d’un réseau de banques centrales chargé de promouvoir le financement de la lutte contre les changements climatiques grâce à un contrôle des prix soutenu par des mécanismes de type QE ciblés et par le financement de banques publiques spécialisées, et augmentation des fonds propres des banques de développement avec la réorientation des ressources des fonds souverains (7.900 milliards de dollars) sont les autres pistes évoquées.
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