Les mutuelles redoutent que Solvabilité 2 ne bouleverse leur gouvernance
Les assureurs mutualistes redoutent que le nouveau régime prudentiel européen, Solvabilité 2, ne remette en cause leur modèle de gouvernance, notamment en affaiblissant le président du conseil d’administration.
La concertation menée par le Trésor avec les professionnels et le régulateur (ACPR) sur la transposition en droit français de Solvabilité 2 a été relancée début mars. Les textes législatifs devront être rédigés d’ici à mars 2015 avant que la régulation n’entre en vigueur en 2016. La transposition devra notamment décliner le «principe des quatre yeux» qui veut que les organismes d’assurance désignent aux moins deux personnes en charge de la «direction effective».
L’ACPR assure que la législation aura une approche différenciée selon les types d’organismes mais «quand on regarde si on trouve de droit, dans toutes les formes sociales, les deux dirigeants effectifs, on ne les rencontre pas toujours», prévient Romain Paserot, directeur à l’ACPR. Le Gema redoute dans ce cadre que le président du conseil d’administration ne puisse pas être dirigeant effectif (à l’instar de ce qui a été décidé pour les banques). «Dans une mutuelle, le président est un élu. Il a une légitimité spécifique. Il est donc tout à fait naturel qu’il puisse être considéré comme l’un des dirigeants effectifs. D’ailleurs, l’ACPR l’admet pour les mutuelles santé», plaide Arnaud Chneiweiss, adjoint au secrétaire général du Gema.
Les mutualistes insistent aussi pour que «l’organe d’administration, de gestion ou de contrôle » (AMSB) qui sera responsable de l’application de la réglementation soit une émanation du conseil d’administration et de la direction générale. «Le risque, c’est que soit on donne au conseil des responsabilités qu’il ne saura pas exercer, soit on considère que l’AMSB se réduit à la direction générale et alors, cela ne sert à rien d’élire des administrateurs», assure Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Gema. Contrairement à la régulation bancaire (CRD 4), Solvabilité 2 n’impose pas de séparation des fonctions de président du conseil d’administration et du DG. Le Gema met cependant en garde contre toute tentation d’imposer cette dissociation. L’ACPR dit ne pas avoir pris position sur le sujet.
Enfin, Solvabilité 2 étend les exigences en matière de compétences et d’honorabilité à l’ensemble des membres du conseil. Alors que dans les mutuelles, les administrateurs sont bénévoles, «nous craignons que l’on mette tellement de conditions qu’il n’y ait plus de candidats», résume Jean-Luc de Boissieu.
Plus d'articles du même thème
-
Une nouvelle cartographie remet les communes au centre des préoccupations climatiques
Un autre rapport sur l’assurabilité climatique offre une cartographie très différente de celle de l’observatoire de l’assurabilité des risques climatiques de la Caisse centrale de réassurance et réactive le débat entre maires et assureurs autour de la vulnérabilité des collectivités face au changement climatique. -
Le marché des CLO s’emballe en Europe
Longtemps marqués par le lourd héritage de 2008, les gérants et les investisseurs sont désormais dithyrambiques à propos des titrisations des prêts à effet de levier en Europe, également soutenues par un allègement de la réglementation. Mais l’explosion des fonds captifs dédiés aux tranches «equity» a réécrit les règles, et ce n’est pas sans risque. -
Le modèle intégré de SpaceX inspire les opérateurs de satellites
En rachetant Iridium pour près de 8 milliards de dollars, Rocket Lab couvrira l'ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à l'exploitation de constellations de satellites. Exactement comme SpaceX, dont l’IPO démesurée provoque une vague de consolidation dans le secteur. -
Schneider Electric casse sa tirelire pour grandir dans l'IA
Le spécialiste français des équipements électriques et des solutions pour l’énergie sécurisée engage 3,1 milliards de dollars en numéraire pour s’emparer de la pépite norvégienne Cognite. -
RGreen Invest lève près de 500 millions d'euros pour son nouveau fonds de dette senior court terme
Dans un contexte de renforcement de la souveraineté européenne, d’électrification des usages et de décarbonation de l’économie, le fonds Infrabridge III fait plus que doubler la taille de son prédécesseur. -
CVC rachète l'entreprise d'emballage industriel automatisé Clevertech
Après Irca, Clevertech devient la deuxième opération italienne annoncée cette semaine par CVC via son fonds euro-américain.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Rcube Asset Management obtient son agrément MiCA
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrice de l'Opinion« L'espace va devenir une infrastructure critique pour notre économie et notre quotidien »
L'Europe peine à structurer sa stratégie spatiale face à la montée en puissance de la Chine et les défis de souveraineté posés par le New Space américain -
Union des droitesDevant les patrons, Sarah Knafo et David Lisnard listent leurs points communs
Réunis mardi pour un déjeuner-débat par le mouvement patronal Ethic, l'eurodéputée Reconquête! et le candidat Nouvelle Energie se sont présentés comme les deux seules voix libérales de la campagne présidentielle -
Clair-obscurElites, retraites, voile... Au RN, le mystère Bardella
A l’approche du 7 juillet, les dernières polémiques obligent le RN à répondre à une question longtemps ignorée : qui est vraiment Jordan Bardella en dehors de Marine Le Pen ? En interne, certains redoutent la réponse