Les modalités d’intervention de la BCE sur les dettes souveraines se précisent
La Banque centrale européenne (BCE) envisage de se fixer des objectifs de rendements dans le cadre d’un nouveau programme d’achats d’obligations destiné à alléger le coût de la dette des pays périphériques, sans nécessairement les rendre publics, a rapporté l’agence Reuters jeudi, citant des sources de banques centrales.
De tels « objectifs implicites » constituent l’une des options examinées mais aucune décision ne sera prise avant la réunion du conseil des gouverneurs le 6 septembre, a précisé une source, ajoutant que les objectifs pourraient être flexibles. Une autre source a confirmé que la question ne serait pas tranchée avant la réunion mais n’a pas écarté que cette option soit retenue.
Fin juillet et début août, le président de la BCE, Mario Draghi, a affirmé à deux reprises que la BCE recommencera à acheter des obligations souveraines pour alléger les coûts d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie. Ses propos ont contribué à ramener un peu de confiance dans les marchés ces dernières semaines.
La semaine dernière, le magazine allemand Spiegel a rapporté que la BCE envisageait de fixer des seuils de taux d’intérêt pour les obligations souveraines et de n’acheter ces obligations que si leurs rendements dépassent un certain seuil de prime de risque par rapport au Bund de même échéance, référence dans la zone euro. Ce jeudi, le quotidien Die Welt, qui cite des sources proches du dossier, revient sur le sujet en affirmant que des gouverneurs de banques centrales seraient favorables à l’adoption d’un objectif de spreads plutôt que de rendements. Cette option signifierait que la BCE déterminerait la différence acceptable entre le rendement des émissions des pays périphériques et celui du Bund, au lieu de fixer un plafond de taux d’intérêt.
Le maintien dans le secret de cet objectif permettrait à la BCE de bénéficier d’un élément de surprise, tout en compliquant la tâche des investisseurs qui cherchent à spéculer sur les titres souverains et ont besoin de situer les limites à ne pas dépasser pour ne pas s’exposer à un risque excessif.
Interrogée sur l’article de Die Welt, un porte-parole de la BCE s’est contenté de renvoyer au communiqué publié lundi par la Banque centrale, déclarant qu’il est « trompeur » de parler de décisions qui n’ont pas encore été prises.
Plus d'articles du même thème
-
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management sera introduite en Bourse le 14 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
BPCE rachète à Arkéa l'agence immobilière en ligne Liberkeys et le développeur Izimmo
Ces deux acquisitions s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à devenir un intermédiaire incontournable dans l'immobilier. -
En quatre ans, HR Path fait l'objet d'un deuxième fonds de continuation chez deux actionnaires successifs
Menée par Ardian, la nouvelle transaction valorise le groupe de conseil RH à près d'un milliard de dollars. L'opération a attiré plus de 30 investisseurs internationaux, emmenés par Eurazeo. -
Le risque de crédit lié à l'IA encourage la création d'instruments de couverture
Les CDS, ces instruments permettant de se protéger contre le défaut d’un émetteur, sont une bonne jauge de la perception du risque crédit par le marché. Les CDS de SpaceX créés juste après sa méga-émission obligataire traitent non loin de ceux d’Oracle. Amazon, qui vient nouvellement d’émettre des obligations, a son CDS comme les autres hyperscalers. -
Audrey Ferry prend la direction de l'ingénierie patrimoniale de Cyrus Herez
L'ancienne responsable de l'ingénierie patrimoniale de Bordier & Cie à Paris succède à Sophie Nouy qui a été nommée à la tête de l'activité de gestion de fortune du bureau de Paris du groupe de conseil en gestion de patrimoine.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Marine Le Pen donnée gagnante au second tour de la présidentielle 2027 contre n'importe quel candidat, selon un sondage
La candidate du Rassemblement national est donnée en tête au premier tour de l'élection présidentielle et victorieuse dans toutes les configurations au second, selon un sondage Ifop réalisé après son pourvoi en cassation et son annonce de candidature. -
Sous l'océanLe Canada concrétise son arrimage à l'Europe en choisissant des sous-marins allemands
Les contreparties de la commande envisagée de 12 submersibles au chantier TKMS se chiffrent en dizaine de milliards d'euros. Berlin et Ottawa veulent conclure d'ici la fin de l'année un accord de partenariat stratégique -
Moyen-OrientTrêve fragilisée en Iran : le pétrole flambe et les marchés voient rouge
Après avoir ordonné une série de frappes dans le Golfe, Donald Trump a menacé, ce mercredi, de rétablir le blocus naval de l’Iran. Cette fragilisation de la trêve inquiète les marchés.