Les ministres des Finances de la zone euro actionnent le Fonds de stabilité
Une simple téléconférence est prévue le 9 mars pour vérifier que les «conditions nécessaires» au déboursement des titres du FESF destinés à appuyer l’échange seront bien remplies. Ces conditions portent sur l’ampleur de la participation à l’offre d’échange, qui sera close le 8 mars, et sur la mise en œuvre des actions politiques prioritaires définies le mois dernier. Si elles sont remplies, le FESF entrera en jeu à quatre niveaux.
S’agissant d’abord du «sweetener», cette compensation en liquide à concurrence de 15% de la valeur nominale des titres échangés versée aux créanciers privés, le Fonds va procéder par émission de deux séries d’obligations de 15 milliards d’euros à échéance de respectivement un an et deux ans. Les créanciers recevront donc en réalité dans un premier temps du papier du FESF, ce qui donnera à ce dernier le temps de lever sur le marché les fonds nécessaires, soit 30 milliards au total. «Nous aurons jusqu’à 24 mois pour aller sur le marché et lever ces fonds à long terme», a expliqué hier soir une source européenne. Les banques, elles, pourront placer ce papier auprès de la BCE pour obtenir des liquidités.
Le Fonds procèdera de façon similaire pour financer les 5,5 milliards d’intérêt dus sur les titres échangés depuis le versement du dernier coupon. Le paiement se fera dans ce cas avec des titres à 6 mois. Le gouvernement grec recevra aussi 23 milliards d’euros d’obligations du FESF dont il pourra disposer pour opérer la recapitalisation de ses banques.
Enfin, les ministres se sont entendus sur une opération temporaire destinée à couvrir les risques de l’eurosystème pendant la période, supposée très courte, où la Grèce sera en défaut. Athènes recevra pour 35 milliards d’euros d’obligations du FESF à un an. Ce papier sera placé auprès d’une banque centrale, probablement la banque centrale de Luxembourg (BCL) qui en disposera comme d’une garantie au bénéfice des autres banques centrales afin que ces dernières continuent d’accepter des obligations grecques comme collatéral pendant la période du défaut. «Au cas où une banque centrale encourrait une perte sur ses encours de dette grecque, elle pourrait aller demander une compensation auprès de la BCL», explique cette source. Signe que les Européens n’excluent pas totalement le risque d’un défaut désordonné, l’échéance de ces titres a été fixée à un an.
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