Les milliardaires se confrontent au changement de génération
Les milliardaires asiatiques sont les plus jeunes: à 57 ans, ils ont en moyenne dix ans de moins que leurs alter ego européens et américains. La question de la transmission à la génération suivante se pose toutefois pour tous, en particulier pour les deux tiers des milliardaires n’ayant pas hérité de ce statut, selon une étude d’UBS et de PwC. Josef Stadler, responsable de la division chargée des ultra riches chez UBS, n’hésite pas à comparer cette période à «l’âge d’or de la fin du 19e/début du 20e siècle, lorsqu’aux Etats-Unis et en Europe, l’esprit d’entreprise a lancé la première vague d’innovation de l’histoire moderne» et amené l’émergence des premières dynasties du capitalisme, telles que celles des Rockefeller et Carnegie.
Outre-Atlantique, la finance est le secteur le plus fécond avec 30% des nouvelles fortunes, juste devant la technologie (27%). Les milliardaires ayant eux-mêmes fait fortune en Europe (50%) et en Asie (20%) sont d’abord issus de l’industrie de la consommation, la technologie étant loin derrière en Europe (10%) tandis que l’immobilier arrive en deuxième position en Asie (13%). Contrairement au mythe du jeune prodige de la Silicon Valley, plus de 80% des milliardaires sont diplômés de l’université et la moitié a travaillé dans de grandes entreprises avant de fonder la leur.
La majorité des milliardaires entrepreneurs aux Etats-Unis et en Europe désirent transmettre leur entreprise à leur famille, 30% envisageant une vente partielle ou une introduction en Bourse et 10% seulement cherchant à la revendre entièrement. Deux secteurs devraient profiter de ce passage de témoin intergénérationnel. D’une part les «family offices», qui se complexifient et prennent un rôle plus important dans la gestion du patrimoine et des relations familiales. D’autre part la philanthropie, qui devrait se développer auprès de milliardaires soucieux de leur héritage.
Les initiatives publiques, à l’image du «Giving pledge» de Bill Gates, ont déjà du succès, avec plus de 100 milliardaires promettant de donner plus de 50% de leur fortune. Mais également les fondations aux objectifs précis et aux retombées mesurables, qui permettent de quantifier l’impact des fonds alloués. La philanthropie reste toutefois très américaine, avec 14% des milliardaires résidents y songeant, contre seulement 3% en Europe et 0,4% en Asie.
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