Les mesures sur les taux en Chine auront des effets plus symboliques que réels
Accompagnées d’autres gestes attendus sur les taux, elles pourraient se traduire par un léger rebond de la croissance au second semestre
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Violaine Le Gall
Le yuan a légèrement baissé en fin de semaine dernière après l’annonce surprise de la baisse des taux en Chine et des mesures de libéralisation des taux. Il traitait à 3,37 pour un dollar vendredi et continue ainsi la tendance au repli, en marche depuis début mai sur fond d’atterrissage en douceur de l'économie chinoise. Les cambistes ont surtout réagi à ce que sous-entend cette baisse de taux: une croissance économique inférieure aux attentes pour le mois de mai.
Pris seul, le geste de 25 points de base annoncé le 7 juin ne devrait pas avoir d’effets miracle. Il devrait «renforcer la confiance du marché, même si l’impact sur la croissance sera probablement limité», préviennent les économistes de HSBC. La marge de manœuvre laissée aux banques devrait quant à elle réduire leur rentabilité. «Les banques prennent de l’argent à l'économie réelle avec ces spreads élevés», expliquait un conseiller du gouvernement chinois aux économistes de Standard Chartered avant les annonces du 7 juin.
Le signal envoyé par les autorités chinoises sera porteur à plus long terme. De fait, il préfigure au moins une nouvelle baisse de taux cette année, comme l’anticipe notamment Barclays Capital. Standard Chartered table même sur deux gestes en raison des mauvaises publications économiques attendues pour mai et juin et des difficultés persistantes de la zone euro.
La somme des mesures de politiques monétaires devrait, elle, avoir des effets sur l'économie. «La baisse de taux était limitée mais un message fort a été envoyé: Pékin est déterminé à faire tout son possible pour éviter un atterrissage brutal. Tenez-vous prêts à ce que d’autres mesures d’assouplissement plus agressives soient prises dans les mois à venir», préviennent les économistes de HSBC. Ils anticipent dans ce contexte une modeste reprise de la croissance au second semestre à 8,5 % sur un an, contre 8,1% au premier trimestre. «Cela dit, ajoutent-ils, un rebond en V est improbable et n’est pas l’objectif des autorités de Pékin».
Sur les marchés, l’effet risque de ne pas être notoire. «Les mesures étant dévoilées au fur et à mesure, plutôt que par une grande annonce, il risque de ne pas y avoir d’effet psychologique sur les marchés (…). Cela pourrait leur prendre du temps pour conclure que la Chine fera assez pour atteindre son objectif de croissance», d’après CA CIB.
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