Les ménages français rechignent à souscrire de nouveaux crédits en 2012
Crise oblige, les Français se montrent réticents à contracter de nouveaux emprunts. C’est l’un des constats dressés par le 24e rapport annuel de l’Observatoire des crédits aux ménages, publié par la Fédération bancaire française. «Jamais depuis sa création l’observatoire n’avait eu à connaître une aussi grande prudence de la part des ménages», souligne-t-il. Seulement 4% des ménages (sur un échantillon de 10.000) envisagent de souscrire un crédit immobilier dans les six premiers mois de l’année, contre 4,8% en 2010 et 5,6% en 2009. Cette baisse s’explique également par la remise en cause du prêt à taux zéro et la réforme du dispositif Scellier.
Le recul se fait aussi sentir du côté des crédits à la consommation. Près de 3,6% des ménages pensent y recourir dans les six mois contre 4,1% en 2010 et 4,4% en 2009. Pour Michel Mouillart, professeur à l’université Paris Ouest et auteur de l’étude, l’anxiété ambiante devrait notamment se répercuter sur la part des ménages qui ont à la fois un crédit immobilier et un crédit à la consommation. L'étude ne permet pas de connaître le nombre de crédits qui n’ont pas été accordés.
En dépit du contexte, le taux de détention des crédits s’est stabilisé en 2011, même si c’est à un des plus bas niveaux depuis vingt ans. Près d’un ménage sur deux (49,4%) déclare avoir un crédit. Le taux des ménages ayant des crédits à l’habitat a légèrement progressé à 31% contre 30,5% en 2010 et celui des ménages ayant des crédits à la consommation s’est stabilisé à 30,2% contre 30,1% en 2010. La loi Lagarde encadrant le secteur s’est déjà fait ressentir. Les crédits à la consommation sont plutôt contractés auprès d’une banque ou d’un organisme de crédit et davantage consacrés au financement de projets.
En dépit de la stabilisation, les ménages sont plus nombreux à être mal à l’aise. La part des sondés qui estiment que leur situation financière s’est détériorée récemment a augmenté de 5,6 points pour atteindre 46%. Paradoxalement, les ménages sans crédit se disent encore plus gênés. Et les détenteurs de crédits sont plus nombreux qu’en 2010 à estimer que leurs charges de remboursement sont trop élevées (14,3% contre 13,8%). Pourtant, «les conditions de crédit en 2011 sont restées très bonnes», souligne Michel Mouillart qui ajoute que l’augmentation des mécontents est modérée par rapport au choc de la crise.
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